La Canzonetta, le recueil surprenant d’un jeune écrivain

La Canzonetta, le recueil surprenant d’un jeune écrivain

Après un essai en école de commerce et une passion soudaine pour les lettres, Théo Veillon, alias Asgarthe, décide d’étudier la philosophie à Paris IV. Transformé par la littérature, c’est alors à 21 ans qu’il publie son premier recueil, La Canzonetta (éditions Le Livre et la Plume).

Sorb’on tenait à vous faire découvrir cette œuvre qui est sans nul doute une lecture propice à ce bel été, et qui ne vous laissera pas indifférent. Rencontre avec un jeune écrivain, passionné par le rap et la littérature, à la plume maîtrisée, touchante et atypique…

« Je sentais que j’avais un truc de spécial »

C’est à l’automne 2016 que Théo renoue officiellement avec sa vocation d’enfance, l’écriture. Elle a été une évidence dès son plus jeune âge « Je me souviens très bien c’était vers six ans, j’écrivais des nouvelles dans un grand cahier. Je créais des personnages tout le temps et je les imitais ». Ce rapport évident et fort avec l’écriture, le conduit naturellement à écrire un livre. « Je ne pense pas avoir eu l’idée d’écrire. C’est un geste évident pour moi»

D’abord vu comme « un exutoire, une seule et unique raison raison de vivre », la place de l’écriture a désormais évolué : « avant j’étais esclave de mes carnets. Maintenant j’écris beaucoup moins. Seulement quand j’en ai envie ». Malgré tout, Théo ne se considère pas comme un poète, « les vrais poètes, si ce mot a encore un sens, ce sont pour moi les rappeurs depuis Booba ». Une vision de la poésie singulière et novatrice, que l’on retrouve dans son premier recueil, La Canzonetta, publié aux Éditions Le Livre et la Plume

« Ce livre est pour vous, moi je témoigne, c’est tout »

Inspiré de tout ce que Théo a découvert en littérature depuis 2016, et d’expériences personnelles (dépression nerveuse et psychique), son premier recueil, La Canzonetta, est sorti le 21 mars, sous le nom de plume, Asgarthe. « J’aime beaucoup ce mot, dont j’ai fait un nom propre. Le premier album de VALD s’appelait Agartha. C’est donc une sorte d’évidence car il a joué un rôle déterminant sur mon activité. J’ai le sentiment qu’il est le seul à être un peu comme moi aujourd’hui ».

Asgarthe possède un style d’écriture bien à lui qu’il qualifie de « style de la sincérité, de la pureté et de l’innocence complètes ». La Canzonetta recèle en effet de nombreux poèmes autobiographiques, inspirés de moments que l’auteur a vécu, ou bien de ses rêves. « Les rêves ont une place centrale dans ma création », confie-t-il. Mais Théo, en rendant compte de ses émotions, et de ses inspirations personnelles, espère faire réfléchir ses lecteurs sur la réalité. Le recueil devient alors un véritable témoignage « pour vous ».

A seulement 21 ans, Théo Veillon publie son premier recueil.

« La Canzonetta est absolument le miroir de ma personnalité »

Posé sur la table de l’interview, le recueil dévoile une couverture d’une simplicité et d’une profondeur déconcertantes. Il s’agit du tableau Champ de blés au corbeaux de Van Gogh, sur un fond noir. Un choix que Théo nous explique : « pour moi, techniquement, il est parfait. La fuite est impeccablement représentée […]. La tension est installée. Mes œuvres d’art préférées sont celles qui disent la complexité ».

Cependant, c’est au fil des pages que l’étonnement est grandissant. Dans ce recueil se trouvent plusieurs personnages inventés par le jeune écrivain, les topoï de la poésie et des expériences personnelles. Tout ceci mêlant poèmes en prose et en vers, formes épistolaires et romanesques.

L’oeuvre cache une autre particularité : les mentions et intertextes littéraires et musicaux. Dès les premières pages, la surprise est présente. L’épigraphe du livre n’est d’autre qu’une parole extraite d’un rap de Booba (« Souhaite-nous santé bonheur le reste on l’achètera »). Théo se justifie : « les rappeurs sont pour moi les meilleurs artistes de mon siècle. Si je n’ai pas grandi avec les livres, j’ai grandi avec la musique rap et ça m’a procuré des plaisirs incroyables ». Le mélange paraît alors légitime, comme une espèce d’hommage.

Un recueil surprenant, et des poèmes à lire, par ci, par là, puisque vous serez certains de tomber sur une pépite lyrique…

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