Perrine Laffont : entretien avec la boss des bosses

Perrine Laffont : entretien avec la boss des bosses

Le dimanche 11 février 2018, elle nous a tous fait vibrer en remportant la première médaille d’or de la délégation française aux Jeux Olympiques d’hiver à Pyeongchang en ski de bosses. Perrine Laffont nous a accordé quelques minutes pour évoquer les Jeux Olympiques et parler de son avenir. 

Perrine a participé à ses premiers Jeux à Sotchi en 2014. elle y a terminé finaliste en ski à bosses. La native de Lavelanet en Ariège, âgée de dix-neuf ans a un palmarès bien rempli : championne du monde junior de 2015 à 2017, championne de France depuis 2013, championne du monde en 2017, elle remporte la coupe du monde en 2018.

Que représentent les Jeux à vos yeux ?

Les Jeux c’est le Graal pour un sportif. C’est la plus grosse compétition, ça ne se produit que tous les quatre ans. C’est donc encore plus spécial et ça donne plus envie d’y performer. Vous vous préparez quatre ans pour un run d’environ une minute… Après, il n’y a pas que l’objectif olympique, il y a d’autres compétitions : les championnats du monde, le circuit coupe du monde donc voilà, on ne reste pas non plus focalisé que sur les Jeux.

Ce n’est pas “je me prépare quatre ans de ma vie tous les jours 24h sur 24 à faire des entraînements pour une minute”. C’est surtout important de ne pas être focalisé que sur ça ; ça met la pression de se dire que je travaille quatre ans pour une minute. Il y a d’autres choses à côté. Certes c’est un gros objectif, mais on vit à côté ; c’est ce qui permet de relativiser.

Quelles leçons avez-vous apprises après vos premiers JO?

Ça m’a appris à gérer la pression des médias, l’attente sur un gros événement et je m’en suis servi pour les derniers.

Vous étiez une des favorites avant la
compétition, alors quel était l’objectif et qu’est-ce que l’on
ressent quand on est médaillée d’or ?

C’était une médaille. C’est un condensé d’émotion difficile à expliquer. C’est de la joie, du bonheur, de la satisfaction, c’est plein de chose. J’étais heureuse. Les Jeux se gagnent plus dans la tête qu’avec la technique… C’est tout en fait. Je travaillais avec ma préparatrice mental depuis quatre ans. Je trouvais ça important parce que c’est un gros événement, stressant aussi. Je trouvais essentiel même pour les compétitions à côté de m’entourer de quelqu’un qui allait m’aider à gérer ça. C’est pas la saison parfaite non plus, mais c’est sûr, il y a eu des passages exceptionnels. Si ça avait été parfait, j’aurais gagné sur toutes les coupes du monde mais ça n’a pas été le cas.

Vous souhaitiez devenir kiné. Comment arrivez-vous à concilier votre carrière sportive et vos études ?

Oui kiné, c’était une idée de base. Après je sais pas si je le ferai vraiment. Je n’en sais trop rien pour l’instant, je vais continuer mes études, continuer à faire ma carrière et puis on verra plus tard.

L’IUT est hyper adapté. J’ai cours trois mois de l’année, de début avril jusqu’à fin juin. Ça me permet d’être libre le reste de l’année. Je n’ai pas le temps pour d’autres choses, ça me prend tellement de temps. On a entraînement pendant huit mois de l’année pour 3 mois de compétitions donc il ne reste pas beaucoup de temps. Si je fais des bons résultats j’arrive à vivre des compétitions. Mais si je ne les fais pas, c’est forcément moins bien payé. Je ne sais pas encore combien de temps je vais continuer, 10 ans je pense.

Une médaille d’or olympique ça change une vie. Vous n’avez plus la même notoriété qu’avant, vous êtes une star maintenant !

Ça dépend de quel public. Je veux dire qu’avec mes amis c’est toujours pareil, avec ma famille aussi. C’est plus différent avec les gens que je ne connais pas et qui m’ont découvert par les Jeux. Ils me voient plus comme la championne olympique et non comme la personne que je suis tous les jours.

Crédits photo: J.Prevost/L’Equipe