L’Exposition VR : les chats débarquent à l’UMA

L’Exposition VR : les chats débarquent à l’UMA

En juillet dernier, l’UMA a ouvert sa quatrième exposition en réalité virtuelle (VR) sur les Chats à travers l’Histoire. Dans un monde où la VR devient omniprésente, que nous apporte cette nouvelle expérience ?

Vous étiez pilotes de courses, chasseur de fantôme, tueur expérimenté envoyé par la CIA, ou encore sur le point de sauter dans le vide, sans parachute ! Et tout cela en moins de 2 heures, sans quitter votre salon. L’expérience VR (Virtual Reality), c’est ce qui permet aujourd’hui d’offrir une immersion visuelle et sonore quasi-totale aux utilisateurs en les projetant dans un univers virtuel ou filmé par une caméra 360°.

Avec la VR, jouer à des jeux vidéos immersifs n’est plus un problème. Il en va de même pour les publicités, les clips de musiques et les films, qui commencent tout juste à se démocratiser sur ce nouveau support (l’exemple du film canadien Miyubi ou encore de I, Philip). C’est dans ce contexte que l’Universal Museum of Art (UMA) vient ajouter sa pierre à l’édifice en proposant, à son tour, une nouvelle expérience VR.

L’Exposition à portée de clique

« Nous voulons qu’avec UMA, un curieux, un passionné, un flâneur puisse se saisir de son téléphone ou de son ordinateur et découvrir une exposition pendant sa pause déjeuner, le soir avant d’aller se coucher ou même le matin dans le métro. »

C’est ce qu’a déclaré la development manager en charge de l’exposition, Mayssam Kaado. Depuis le 7 juillet dernier, l’Universal Museum of Art propose sa quatrième exposition entièrement accessible en réalité virtuelle. Disponible sur internet, il suffira de quelques cliques pour se retrouver immergé dans un voyage historique autour du sujet félin.

L’exposition est accessible ici 

L’expérience VR est, dans son déroulement, identique au parcours qu’on peut réaliser sur place lors d’une visite physique de l’exposition. Ce qui pose la question de l’intérêt de cette expérience. Là encore, madame Kaado répond : « Nous sommes conscients que le contact avec l’œuvre physique est unique et irremplaçable, et l’idée qu’une visite virtuelle pourrait nous couper l’envie de voir une œuvre en vraie est absurde. Au contraire, bien souvent cela décuple ou crée le désir de voir une œuvre dans son contexte chez des personnes qui n’auraient jamais été en contact avec l’œuvre autrement. » Elle établie d’ailleurs le parallèle avec l’écoute d’une musique sur une plate-forme streaming : télécharger une musique et l’écouter à domicile devrait-il nous empêcher d’assister au concert ?

L’Expérience
VR

Dans ce cas, l’expérience VR vaut-elle vraiment le coup ? Il y a sans aucun doute un côté pratique au fait de pouvoir accéder à ce genre d’exposition en ligne, sans avoir à quitter son canapé. Pourtant, au-delà du fait d’être présent physiquement devant l’œuvre, la restriction des déplacements et donc des perspectives est un problème qui n’est pas nouveau dans le monde de la VR. Les films rencontraient déjà cette difficulté de savoir où placer le spectateur et comment le déplacer. Certaines expériences peuvent vite devenir vertigineuses pour les cœurs sensibles et nous ne sommes alors pas à l’abri du Motion Sickness (cinétose) qui peut s’apparenter au mal des transports. Cela n’est pas la seule problématique soulevée par la VR.

A New York, il n’est désormais plus anodin de croiser, au détour d’un Starbuck ou dans un parc, un passant muni d’un casque de réalité virtuelle. Les outils « Gear », permettent d’équiper un Samsung en quelques secondes et d’accéder instantanément à un nouveau monde 360°.

Cet outil qui contribue à sa manière à la sédentarisation de notre société n’en est pas nécessairement une menace. La VR permet à son utilisateur d’être le « témoin » de l’univers qui l’entoure sans en être exclu. Pour autant la VR pourrait bien venir s’ajouter aux autres supports déjà existants sans nécessairement les remplacer, au même titre que la télévision ou l’ordinateur. Elle offre des possibilités certes immenses mais surtout différentes de celles que d’autres outils nous offrent déjà.

De
quoi s’enthousiasmer

C’est
la quatrième exposition VR produite par l’UMA. Le pari était
simple : « rendre
l’art accessible à des publics traditionnellement éloignés de la
culture soit pour des raisons géographiques, soit pour des raisons
sociales et culturelles.
 »
Et d’après la developement manager :  « Ce
pari, nous somme en train de le gagner
. »
Les visiteurs de l’UMA seraient principalement d’origine
provinciale, de villes de moins d’un millions d’habitants et à
54% entre 15 et 24 ans. Un public d’ordinaire difficile à attirer
dans les musées.

Face
au succès rencontré, elle nous annonce que de nouveaux projets sont
déjà en cours : les expositions « Les
Vies de la Renaissance
 »
et « Spoils
of War
 »
qui arriveront à la rentrée (respectivement le 5 septembre puis en
octobre).

Dans un monde où art et digital n’ont pas toujours fait bon ménage, peut-on parler d’une réconciliation ? Si, le modèle se démocratise, quel avenir peut-on entrevoir pour le monde de la culture ? Il semble désormais certain que la VR fera partie intégrante du monde de demain.