RENCONTRES A ROCK EN SEINE #1 : The Psychotic Monks et Mourn

RENCONTRES A ROCK EN SEINE #1 : The Psychotic Monks et Mourn

Les 24, 25 et 26 Août 2018, Saint Cloud a vibré au son du rock indé. Mais pas que ! C’est sur un domaine de 460 hectares que le festival Rock en Seine revenait pour sa 16ème édition.

Avec une programmation de 78 groupes et artistes solo repartis sur six scènes différentes, c’était l’événement musical immanquable de cette fin d’été. Pendant trois jours, Sorb’on est allé à la rencontre des nouveautés prometteuses qui ont su faire bouger les festivaliers.

The Psychotic Monks, le groupe des « postimistes »

Qui sont ils ? Arthur et Paul Dussaux sont deux frères qui ont rencontré Martin Bejuy et Clément Caillierez. C’est un groupe d’amis autant qu’un groupe de musiciens. Ils se décrivent comme en constante évolution, « victimes » en quelques sorte d’un « chaos autant réfléchit qu’incontrôlable ». Ils développent : « C’est très paradoxale, il y a beaucoup de réflexion à l’origine mais la fin reste inattendue car on perd tout contrôle sur le chaos qu’on crée. » Un univers noir, certes, mais loin de la depression. Ils se considèrent surtout comme des « postimistes », un groupe qui embrassent sans complexe toute la noirceur du monde dans leur musique et y trouve « une certaine jouissance ».

Que font ils ? Des clips en noir et blanc, mais il y a là surtout la volonté de laisser le choix au spectateur. Un choix de la couleur bien sûr, mais aussi de l’époque, car le noir et blanc échappe selon eux à toute datation. Des chansons dans la langue de Shakespeare, ce qu’ils expliquent avant tout comme « un choix esthétique ». C’était pour eux « le plus évident ». Finalement ils se présentent comme des « défenseurs de la culture et de l’écriture française » mais s’identifient dans la musique en anglais.

Crédits photos: Christophe Crénel

Et à Rock en Seine ? Ils se sont illustrés samedi à 15h30 sur la Scène de l’Industrie avec un son frénétique et puissant. Ils étaient déchaînés et ont emporté avec eux leur public dans 40 minutes de psychédélisme noir. Ils n’en étaient pas à leur premier rodéo puisqu’ils revenaient d’une grosse tournée à travers la France et l’Europe de plus de deux ans. Ce week-end encore, ils ont fait du bruit et le succès était au rendez vous.

Mourn, les Rockeurs Traditionnels

Qui sont-ils ? « We took an english dictionnary and we just pointed the name » (« Nous avons pris un dictionnaire anglais et nous avons simplement pointé le nom du groupe au hasard ») Ainsi est né Mourn (littéralement « faire le deuil »). Pour ce groupe venu de Cabrils, commune de la province de Barcelone, le choix d’un nom anglais s’est imposé par leurs influences : PJ Harvey, Patti Smith ou encore Sleater-Kinney, tous britanniques ou américains. Les chanteuses Carla Pérez Vas et Jazz Rodríguez Bueno chantent et sont accompagnés par Antonio Postius à la batterie et Leia Rodríguez à la basse.

Crédits photos: Rock en Seine

Que font-ils ? Là encore des chansons principalement en anglais car c’est plus simple, selon eux, pour toucher un plus large publique. Ils ne semblent pas contre l’idée d’une chanson complète en Catalan qui ferait « peut être-plus vrai » par rapport à leurs origines. Leur style est clair, le rock pur et traditionnel : « Nous nous sentons tellement puissant quand on fait ça ! » confirme l’une des chanteuses. Le groupe confirme qu’il ne se sentirait pas à son aise sur d’autres styles comme le blues ou le jazz, quand bien même ils adorent en écouter. Leurs paroles sont littérales et sans détours ce qu’ils définissent comme leur façon de « se laisser aller » à exprimer tout ce qui arrive autour d’eux et ce qu’ils pensent.

Et à Rock en Seine ? Après trois albums et une tournée autour du monde (pas encore achevée), ils ont débarqué à Rock en Seine, dimanche en début de soirée sur la scène Firestone. Après des shows survoltés à Toronto ou encore L.A., le groupe admet être fier de leur performance du jour qui aura su enflammer la foule. A cela ils ajoutent avoir extrêmement bien manger sur place, leur venue au festival était donc une complète réussite. Avec une autre tournée européenne prévue en octobre et novembre, on espère les revoir très bientôt en sur les scènes françaises.

A ceux qui pensent que le rock est mort à Rock en Seine, Mourn vous répondra fermement que non et les Psychotic Monks pourront sans doute ajouter qu’il « évolue », tout simplement.

Crédits photos: Tom Malki