Rencontre avec Antoine Bobbera, un apprentissage chevaleresque à la représentation théâtrale

Rencontre avec Antoine Bobbera, un apprentissage chevaleresque à la représentation théâtrale

Pour Antoine Bobbera, sortie de l’Ecole de Comédie Musicale (EMC) de Paris l’année dernière, Le Roi Arthur représente sa toute première aventure purement théâtrale. Pour cette tragédie épique, le jeune comédien incarne le courageux Perceval.

Joséphine Pruvot-Warin – Comment l’aventure du Roi Arthur a-t-elle commencé pour vous ?

Antoine Bobbera – C’est une très longue histoire. J’ai rencontré Laurence Lustyk qui s’est rendu compte que je jouais Petit Ours Brun au Théâtre du Gymnase alors que Jean-Philippe Bêche y jouait Le Gros Diamant du Prince Ludwig. On s’est rencontré, et il m’a proposé de faire partie de l’équipe pour les lectures de janvier. Et de là je suis resté dans le projet pour la rentrée, ça s’est surtout fait par des rencontres.

Qu’est-ce que ce projet signifie pour vous ?

Pour moi c’est très particulier parce que j’ai eu une formation de comédie musicale et n’ai fait que cela. Donc quand on m’a proposé une pièce de théâtre, je me suis demandé comment j’allais faire. Et finalement, je prends ce projet comme une expérience très enrichissante parce qu’elle est inédite. Je suis très content.

Quelle est votre relation avec le personnage de Perceval, que vous incarnez ?

Il est très loin de moi. C’est ce qui m’a amusé aussi dans le challenge, que Perceval soit le jeune chevalier qui débarque, qui vient d’arriver à la Table Ronde, qui est jeune. Il se retrouve là et est très courageux. Il a beaucoup de volonté, mais il est un peu largué (rires). Il se retrouve projeté dans l’aventure du Graal et est très optimiste, très lumineux. Mais ce n’est pas ce que j’ai l’habitude de jouer, donc c’est un challenge de plus dans la pièce.

Dans la mesure où ce personnage est loin de vous, comment le travaillez-vous ?

Ça c’est une question compliquée (rires). Je passe par l’apprentissage du texte, ensuite Jean-Philippe, bien sûr, nous a parlé, il aime beaucoup parler de cette pièce. C’est un univers qu’il adore et ça se voit quand il en parle. Il m’a décrit le personnage, m’en a donné sa vision lors de l’écriture du texte et je me base dessus. Jean-Philippe arrive vraiment à en donner une image complète et il fait ça avec tous les personnages. Après je fais un petit mélange dans ma tête avec mon rapport au texte.

Comment placez-vous votre personnage par rapport aux dynamiques de la pièce ?

C’est-à-dire que c’est majoritairement des chevaliers, des vieux de la vieille qui ont de la bouteille, qui sont là depuis longtemps et qui connaissent bien le Roi Arthur. Moi je suis le petit jeune qui débarque avec, comme dirait Jean-Philippe, un côté « Padawaan » qui a tout à apprendre. J’ai beaucoup de volonté mais il faut qu’on me rappelle que ma place est un peu en dessous des autres. Même s’il n’y a pas de hiérarchie au sein de la Table Ronde, Jean-Philippe nous en a parlé et c’est vrai, d’où le fait que la table soit ronde. Je suis en formation dirons-nous.

Comment se passe le travail avec Jean-Philippe ?

Il a sa vision des personnages. Il y a un parallèle avec la pièce : je débarque avec tous ces comédiens qui ont des années d’expérience, moi moins et je me sens un peu comme Perceval. Je les regarde beaucoup jouer, on en apprend énormément en regardant les autres. Et Jean-Philippe est un très bon prof ; il explique très bien et sait ce qu’il veut. Je l’aime beaucoup parce que c’est quelqu’un d’hyper énergique. Il réfléchit à voix haute, donc on peut comprendre son processus. Il n’arrive pas juste avec son idée en disant « Bon je voudrais que tu fasses ça » non. Il dit à voix haute le cheminement de sa pensée et on comprend.

Que souhaitez-vous atteindre par votre travail pour le début des représentations ?

J’aimerais réussir à dégager cette image lumineuse du jeune chevalier parce que c’est un challenge. Et puis les combats d’épées c’est quelque chose que j’adore. Pour l’instant, je me sens hyper confiant. Jean-Philippe a l’air tellement sûr de ce qu’il fait qu’on a envie de le suivre les yeux fermés. Et pour ma part, c’est ce que je fais, je me contente de travailler mon personnage et mon texte. J’ai déjà fait de la scène, je sais ce que c’est et n’ai pas ce stress-là. Mais j’ai le stress de la pièce de théâtre, de la tragédie. En plus dans ces murs de la Cartoucherie qui est absolument incroyable.

Créditsphotos : Cédric Vasnier