Lucas Gonzalez, la puissance d’une représentation dans la force et la cohésion de ses comédiens.

Lucas Gonzalez, la puissance d’une représentation dans la force et la cohésion de ses comédiens.

Quatre ans après sa sortie des Cours Florent, Lucas Gonzalez est l’interprète du chevalier Lancelot du Lac dans « Le Roi Arthur » de Jean-Philippe Bêche.  

Lucas Gonzalez est le troisième comédien partant de la gauche.

Joséphine Pruvot-Warin. Comment êtes-vous arrivé dans l’aventure du « Roi Arthur » ?

Lucas Gonzalez. C’est un concours de circonstances. J’ai rencontré Jean-Philippe à un dîner d’amis et on a discuté. Il cherchait à compléter son casting, le calendrier s’était un peu précipité et on a sympathisé. Il cherchait un Lancelot et paf, il en a trouvé un ! (rires) ça s’est fait très naturellement. Je ne suis pas passé par le « réseau professionnel », comme on dit dans le milieu. Là, c’était par hasard et il s’est établi une relation de confiance, ça a été évident.

Quelles ont été vos premières impressions sur ce projet ?

Au théâtre, j’adore les expériences. La pièce en elle-même, et le principe des Chevaliers de la Table-Ronde tel que Jean-Philippe le voit et le conçoit, est un groupe soudé de chevaliers. C’est une expérience géniale parce que ça créait des groupes, des familles ; un effet de camaraderie et de fraternité, des grands mots comme ça, c’est formidable et beau sur un spectacle. Et la légende arthurienne c’est quelque chose, ça fascine. C’est presque un rôle qu’on travaille depuis qu’on a cinq ans. C’est ce qui est magique et dingue au théâtre : de pouvoir jouer ces héros et grandes figures. Et là, on nous donne les moyens de le faire et c’est génial de pouvoir le vivre. Je suis vraiment heureux de participer à cette aventure.

Le personnage de Lancelot est important dans la légende arthurienne, comment l’abordez-vous ?

D’abord, et comme pour tous les personnages, j’essaie de me défaire de tout savoir ou propre projection sur le personnage. Il y a eu beaucoup de versions de la légende arthurienne et on est très nourrit que ce soit par des livres, des films ou des séries qui ont été faits. Donc pour l’aborder, j’essaie de me coller le plus possible à ce que va vouloir la mise-en-scène, en l’occurrence Jean-Philippe, et je commence par le texte. Tout bêtement. En essayant d’enlever tout ce que moi je projette dessus et être le plus ouvert possible à ce que projette Jean-Philippe de son propre texte.

Ce personnage et cette pièce représentent-ils un challenge particulier pour vous ?

Il n’y a pas vraiment de challenge en fait. L’énorme avantage pour moi c’est de jouer un personnage immense, mais très différent d’un personnage comme Hamlet où on est forcément attendu au tournant. Tout le monde projette une manière de le jouer. L’avantage de Lancelot, c’est que dans la conscience collective bien sûr tout le monde projette quelque chose, mais c’est un texte contemporain. Forcément même moi je projette moins de choses, il y a un espace de liberté bien plus grand. Donc finalement mon challenge, c’est que je sois à la hauteur de ce que moi j’espère.

Pour les représentations de septembre, y a-t-il un but que vous aimeriez atteindre ?

Connaître mon texte (rires). Ce qui est « compliqué » avec cette pièce, et là où elle peut être magique, c’est qu’elle repose sur des individualités et leur création des personnages. C’est l’histoire d’un royaume ; on va parler de guerre, d’armée, il y a des scènes à dix ! Ce qui est assez fou à chorégraphier. Donc je pense que l’enjeu personnel va être d’évoluer dans la cohésion du groupe. C’est pour ça que tout à l’heure je parlais de camaraderie et de fraternité, il y a quelque chose qui va naître du groupe. Je pense que c’est avant tout une réussite entre les rencontres humaines à l’intérieur du projet. Encore plus que la capacité de chaque acteur à créer réellement son personnage. Il va y avoir quelque chose de l’ordre du tourbillon qui va dépendre de l’écoute de chaque acteur sur le plateau. Et je crois beaucoup en cette force d’inertie. Parce qu’on peut vraiment embarquer les gens en une heure et demie dans ce tourbillon. Donc mon but pour septembre serait de tisser ce lien avec les personnes avec lesquelles je joue. Plus que de réussir à proprement parler ma partie à moi.

Crédit photo : Cédric Vasnier

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