« Le Roi Arthur » : le destin tragique de personnages légendaires

« Le Roi Arthur » : le destin tragique de personnages légendaires

Actuellement au Théâtre de l’Epée de Bois, « Le Roi Arthur », écrit et mis en scène par Jean-Philippe Bêche (également interprète d’Arthur), est une création inédite où les personnages, profondément humains, se débattent entre idéaux de beauté, désirs de vengeance et destin inéluctable.

Sorb’on revient sur cette pièce et vous dit pourquoi il faut aller la voir, que vous soyez passionné de théâtre ou non.

Une mise en scène inédite captivante

Le fait que Jean-Philippe Bêche soit à la fois le metteur en scène, le scénariste et le rôle-titre de cette création permet d’assister à une réécriture de la légende arthurienne. Pendant une heure et demie, les événements se succèdent. Les personnages défilent et les mots résonnent dans la salle de pierres médiévales du théâtre. La mise en scène fiévreuse maintient ainsi le public dans l’appréhension d’un effondrement de l’idéal de justice et de paix du Roi Arthur. La présence sonore des percussions d’Aidje Tafial et les jeux de lumières contribuent à ce climat de tension permanente, qui gouverne cette mise en scène.

Jean-Philippe Bêche offre au spectateur sa vision de la légende arthurienne qu’il partage dans cette création spectaculaire. Sa langue est poétique, vive, rime en vers et détonne en prose. Elle participe, incarnée par les comédiens, à cette énergie dramatique qui embarque le spectateur dans le rêve arthurien.

La dimension épique du « Roi Arthur » s’illustre autant dans les scènes de combat d’épées magistralement chorégraphiées que par les costumes d’époques de la pièce. La tragédie que représente la légende d’Arthur se retrouve dans la confrontation entre le rêve de paix d’un Roi et de ses chevaliers, et le désir viscéral de vengeance de la fée Morgane (Marie-Hélène Viau) qu’elle transmettra en l’instrumentalisant à son fougueux fils incestueux, Mordred (Fabian Wolform).

Une pièce profondément humaine

La pièce se caractérise par l’humanité qu’elle dévoile chez ces personnages de légende, participant ainsi à l’inédit de cette vision et représentation de l’imaginaire arthurien, et interrogeant nos propres choix et les raisons qui les motivent.

Chaque personnage lutte alors contre sa destinée et tous cherchent à comprendre la raison de leurs choix et de leurs actes. On pourrait dire qu’ils possèdent une dimension tragique et que celle-ci s’apparente à celles des personnages shakespeariens, qui tentent de survivre dans un monde dont les issues leur échappent. Dans cette pièce, tout se joue dans l’urgence, comme si leur vie pouvait se consumer en quelques secondes.

On se rend compte assez rapidement que chaque malheur, chaque trahison porte la marque de la vengeance et nul ne peut éviter que ces événements se produisent. D’ailleurs on peut penser à ce que disait Shakespeare : « Ce qui ne peut être évité il faut l’embrasser », citation qui montre bien ici que ni les pouvoirs magiques, ni le statut royal ne peuvent changer le cours des choses.

Chacun d’entre nous peut se reconnaître dans cette pièce car elle est dépeint les caractères humains : la colère, la jalousie, la pureté, la faiblesse, l’espoir et la désillusion. Tout cela constitue un noyau central qui donne un aspect inédit à l’histoire du Roi Arthur.


Ainsi, « Le Roi Arthur » est une histoire qui nous fait rêver, tout en nous interrogeant sur la condition humaine.

Informations pratiques

Tarif étudiant : 12 € 

Prolongations jusqu’au 14 octobre au théâtre de l’Épée de Bois. Le jeudi et le vendredi à 20h30, le samedi à 16h et 20h30, le dimanche à 16h.

Pour plus d’informations, rendez-vous ici.

Crédit photo : Cédric Vasnier.