Le marché du travail : une source d’anxiété chronique

Le marché du travail : une source d’anxiété chronique

La fin de la société industrielle a débouché sur la montée d’une société robotisée, le plein emploi diminue tandis que l’insécurité et l’anxiété se propagent.

Le marché du travail est une préoccupation majeure au sein du débat économique. Le regard de la société fixe la courbe du chômage. Minimiser l’inactivité et maximiser le taux d’emploi sont alors les grandes priorités. Néanmoins cette vision n’est-elle pas trop réductrice ? Est-il possible que le marché du travail soit atteint d’anxiété généralisée ?

Qu’est-ce qu’un bon marché du travail ?

On le présente souvent comme l’incarnation de la réussite professionnelle ainsi que de l’épanouissement personnel. Toutefois, cette  image d’Eldorado que la société se force à lui construire n’est- elle pas définitivement perdue  ?

Si une réponse existe, elle dépassera nécessairement le simple cadre économique. Comme le but premier de la société est de maximiser son plein emploi, sa croissance et sa productivité. Celui du marché du travail doit être d’offrir le plus grand nombre de postes.

Or si l’intérêt final est une harmonisation globalisée et pluridisciplinaire, le marché du travail doit se concentrer pour être performant mais aussi  socialement viable.

La société doit être capable d’insérer la population active sur le marché de l’emploi afin de réduire son taux de chômage. De plus elle doit instaurer un bien-être de long terme où l’offre ne se résume pas à des temps partiels ou des postes précaires. Quant à sa population, elle doit être  formée, compétente et épanouie professionnellement.

L’anxiété comme réponse à l’insécurité 

Quel est le mal qui ronge l’actuelle sphère professionnelle ? Quelle est son origine ?

Afin de tenter d’apporter une réponse constructive, il est indispensable de séparer le long terme de l’immédiat. Il faut avoir en tête que la pression liée à l’emploi n’a jamais cessé d’être. Cependant, la dimension récente créée par le stress devient troublante et inquiétante.

Et si l’innovation et le progrès, si souvent adulés, en étaient les principales sources?

En effet, l’innovation permet d’optimiser la chaîne de production  en  robotisant les gestes répétés par les hommes. Par conséquent, la robotique tend à remplacer progressivement les employés qui se retrouvent par la suite sans emploi. Cette menace de robotisation apporte donc une insécurité de l’emploi et rend alors le marché du travail anxiogène.

« Si au sein de votre métier, vous êtes amenés à refaire une deuxième fois ce que vous venez précédemment d’effectuer, alors il est inutile de chercher à le reproduire une troisième fois puisque la machine sera capable de s’en charger à votre place » — Daniel Cohen (conférence).

Voici l’aspect le plus sinistre de la robotisation, qui guette la moindre tâche ou action qui peuvent devenir mécanisées.

Doit-on penser que le marché du travail est à l’origine des maux sociétaux ?

Sous couvert d’une promesse de carrière professionnelle réussie, le marché du travail s’accompagne d’un quotidien stressant tant l’insécurité de l’emploi y règne. En ce sens, il n’est pas anormal de constater l’existence d’un stress chronique qui affecte la population active.

Ce douloureux constat remet en question le lien existant entre le travail humain et le progrès technique. La robotisation gagne petit à petit les employés. Cependant, ne devrait-elle pas être davantage additionnelle à l’Homme ?

Le débat intellectuel s’ouvre, l’innovation doit-elle offrir une solution de substitution ou complémentaire à la production humaine ?

Crédit photo : Tim Wayne

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