The Blaze, l’imbrication parfaite du son et de l’image

The Blaze, l’imbrication parfaite du son et de l’image

Le 7 Septembre dernier, The Blaze sortait leur premier album intitulé Dancehall et annonçait dans la foulée une tournée européenne avec comme point d’orgue deux concerts donnés à Paris le 15 et 23 mars prochains, en Salle Pleyel.

En plus de s’être imposé comme un incontournable de la scène électronique mondiale, le duo français fascine, par sa créativité et par sa faculté d’allier son et l’image de manière spectaculaire.

Une aventure familiale

The Blaze c’est d’abord l’idée
de deux cousins Guillaume Alricet et Jonathan Alric. Le premier est
un enfant de Dijon ayant déjà fait ses premiers pas dans la
musique, alors que le second est un franco-péruvien s’essayant au
septième art à Bruxelles. Un jour, dans le cadre d’un projet au
sein de son école de cinéma, le cadet propose de réaliser un clip
vidéo sur la musique de son aîné. Surgit alors une alchimie
inattendue. C’est le début d’une active collaboration entre deux
jeunes esprits, l’un visuel et l’autre sonore.

L’art du clip vidéo, indispensable à la
création d’un univers musical

Dès lors, dans la veine de Woodkid ou de Jamie XX, le style du tandem The Blaze tente véritablement de donner vie à ses morceaux par l’esthétique du clip vidéo. Comme tout artiste contemporain, nous objectera-t-on. Eh bien pas si sûr, car si l’évolution technique du clip permet aujourd’hui aux artistes de bénéficier de mille possibilités pour donner de la couleur et de la forme à leur musique, nombreux sont ceux qui s’obstinent à l’utiliser comme un simple support. La promotion avant l’émotion…

Mais parfois, la vidéo n’illustre pas seulement le son, elle s’imbrique avec ce dernier. Indissociables, le morceau et le clip dessinent soudain un monde autarcique, libéré de toutes contraintes. Et c’est le cas de l’univers hypnotique crée de toutes pièces par The Blaze.

« Territory », une bombe émotionnelle

La vidéo du morceau « Territory »
met en lumière cette symbiose du son et de l’image. Acclamé par
Romain Gavras (Le monde est à toi, le clip « Gosh »
de Jamie XX) ou encore Barry Jenkins (Moonlight), le clip a
surtout remporté le Film Craft Grand Prix à Cannes en 2017. C’est
que « Territory » est une bombe émotionnelle.

Le clip, réalisé à Alger, met en scène un personnage déraciné rejoignant son bled natal. On y voit notamment le jeune algérois fondre en larme dans les bras de sa famille retrouvée, danser de manière extatique sur le toit d’une casbah, fumer la chicha, zoner dans la vieille ville aux côtés de ses pairs ou encore imiter un gorille pour faire rire les enfants.

Derrière cette collection d’images, résonne une mélodie douce et sourde puis qui s’intensifie pour enfin atteindre des sommets lors de la scène de course sur la plage qui tient presque du sublime. Le jeu de Dali Benssalah est époustouflant et le travail visuel et sonore est tout aussi extraordinaire. Car la combinaison du clip et de la musique accouche d’un syncrétisme émotionnel, fait de reconquête de soi et d’aliénation. Une véritable cyclothymie se dégage alors du clip, comme pour illustrer la profonde dualité de l’Homme, tiraillé entre sa brutalité et sa tendresse.

La célébration de la vie

L’esthétique The Blaze est donc une expérience musico-visuelle dont on ne peut ressortir indemne tant les sensations sont multiples et intenses. Amour, amitié, folie, espoir, tristesse, bonheur… Le duo aime jouer sur la confusion des sentiments et révéler ainsi le caractère polymorphe de toutes relations humaines. Chaque clip est une explosion de passions, un voyage à travers des fragments de vies individuelles qui pourtant résonnent si fort dans l’universel.

Par la représentation de ces instants jubilatoires, transcendants et parfois mélancoliques, le duo se fait le chantre d’une véritable frénésie de vivre. Car oui c’est peut-être cela The Blaze ; la célébration d’une liberté absolue.