Peponnet, un champion de l’ombre

Peponnet, un champion de l’ombre

L’été a été marqué et dominé par le titre de l’équipe de France de football. De ce fait, les autres compétitions qui se sont déroulées avant et après le mondial en Russie ont été quelque peu oubliées.

Revenons aujourd’hui sur le championnat du monde de voile (Danemark) et intéressons-nous particulièrement au titre en 470 remporté par le duo de navigateurs Peponnet et Mion.

Un enjeu de taille

[Peponnet] La première ambition était avant tout de sélectionner la nation pour les prochains Jeux Olympiques de Tokyo. Le Championnat du monde ISAF prend un peu plus d’importance que les championnats annuels. Il a lieu tous les quatre ans, deux ans avant chaque Jeux Olympiques. Il permet ainsi de sélectionner les nations qui pourront participer à l’évènement.

Pour notre catégorie, il fallait terminer parmi les huit premières nations. Le championnat comporte dix manches, suivies de la Medal Race qui fait s’affronter les dix premiers du classement : soit onze courses au total. Le classement final est réalisé en faisant la somme des résultats de chaque course. Le premier arrivé marque un point, le second deux points, etc. L’équipage victorieux est celui qui a marqué le moins de points à l’issue des onze courses.

Peponnet : une stratégie qui a porté ses fruits

[Peponnet] Sur le plan moral, nous savions que nous pouvions décrocher un podium sur ce championnat. Nous nous situions parmi les cinq ou six meilleurs équipages mais de là à pouvoir gagner… nous ne l’imaginions pas !

L’objectif pour ce championnat était surtout de terminer nos manches dans les dix premiers, sans prendre de risques inutiles. Le but n’était pas tant de gagner les courses mais surtout d’éviter les mauvaises manches (au delà de la quinzième place), ce qu’on appelle “les plombs” dans le jargon. Le championnat était plutôt long, nous avons donc parié sur la régularité et ça a payé ! Nous voulions également être à portée de fusil du podium (moins de dix points) à la veille de la dernière course, afin d’avoir une chance de remporter une médaille. C’est finalement à portée de tir de la première place que nous sommes arrivés !

La course parfaite pour le titre

[Peponnet] À la veille de la dernière course (la Medal race donc, qui compte double et à laquelle seuls les dix premiers peuvent participer), nous étions donc troisièmes et ne pouvions pas terminer au delà de la sixième place. L’objectif de qualifier la nation était donc atteint avant même de participer à cette dernière course. Il s’agissait ainsi de se faire plaisir sur cette ultime course. Obtenir une médaille ne serait que du bonus ! Et sur cette fameuse Medal race, tout peut arriver…

Pour la dernière course, nous étions donc six parmi les dix bateaux à pouvoir se disputer les trois premières places. Nous étions à égalité de points avec les Japonais (alors seconds), et six points derrière les suédois, premiers. Derrière nous, il y avait également du beau-monde, dont les champions du monde et chamions olympiques en titre, les australiens ! Il fallait alors sortir la course pour conserver notre médaille, et peut être en espérer une plus belle encore.

Une fois passée la ligne d’arrivée, nous nous retournons pour voir où sont nos adversaires : c’est une affaire de points. C’est à ce moment-là que nous comprenons que nous avons terminé devant les Japonais et loin devant les Suédois. Quant aux Australiens et autres équipages poursuivants qui jouaient le titre, ils ne sont pas assez bien classés sur cette dernière course pour nous dépasser au classement général. Nous comprenons alors que nous sommes champions du monde. On se félicite, on lâche une petite larme, on crie, on rit, on n’y croit pas !

Crédit photo : sport.fr