La Tribune politique #2 : L’hiver gouvernemental arrive dès l’automne.

La Tribune politique #2 : L’hiver gouvernemental arrive dès l’automne.

Le froid commence peu à peu à pénétrer nos rues, nos maisons. Nos nuques se crispent et nos visages se ferment. Et pourtant, nous sommes les seuls à avoir de l’avance pour ce rendez-vous tant attendu.

Commençons par les préliminaires saisonniers, l’automne, en attendant l’hiver. La nature se pare peu à peu de ses habits jaune et orange. L’écorce se resserre pour se préparer au grand vent du nord. Ce comportement tout à fait innocent a donné des idées à certains courants inéluctables qui ont touché une partie de notre société.

Il est là. Le vent du fatalisme qui a frappé depuis quelques semaines notre désenchanté gouvernement. Les ministres tombent plus vite que les feuilles se décomposent sur nos rues. Les participants à la communication du président en perdent leur t-shirt, comme la fameuse photo de Saint-Martin. Le président aussi. Son feuillage politique s’estompe et ses rides se durcissent. Les plus belles plantes qui ornaient les murs du palace présidentiel se déracinent, Hulot, Collomb. Des chênes centenaires de la politique qui abandonnent le pissenlit Macron. Son grand paratonnerre Benalla a été percé à vif, laissant les éclairs frapper un à un le torse écharpé du pouvoir politique.

Gare à ceux qui n’auront pas le privilège de survivre à l’hiver. Edouard Philippe peut se plier autant qu’un roseau, il risque d’être la victime des pesticides populaires venus des autres pays. Eux qui étaient enfouis sous la terre, attendant la moisson pour surgir, eux qui attendent de manger le gouvernement par la racine, il ne leur faut qu’une date. Et par un heureux hasard ils attendront le printemps ; les élections européennes de mai polliniseront alors l’Europe de leurs toxiques substances.

Malgré les événements naturels qui se soulèveront contre nos capitales et nos terres, la décision sera de respecter chaque saison et chaque parcelle d’humanité. Les survivants de l’hiver politique décideront alors quel chemin nous tracerons dans la neige.

« Il faisait tellement froid l’hiver dernier que j’ai même vu un banquier qui avait les mains dans ses propres poches »

Citation inconnue d’un prolétaire frustré.

Crédits : Charles Féry

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