Dans l’ombre de la Coupe du Monde 2018 — François Pervis

Dans l’ombre de la Coupe du Monde 2018 — François Pervis

Continuons notre exploration des diverses compétitions qui se sont déroulées avant et après la Coupe du Monde de Football en Russie. Aujourd’hui, Sorb’on vous propose de découvrir de l’intérieur le championnat d’Europe de cyclisme sur piste qui s’est déroulé en Écosse, en août.

Nous avons rencontré François Pervis l’un des vice-champions d’Europe de vitesse sur piste avec S.Vigier, M.D’Almeida et Q.Lafargue.

Pervis, un intérimaire qui assure

[Pervis] C’est à la mi-juillet que la sélection a eu lieu alors que le championnat commençait dès la première semaine d’août. Donc je n’ai eu que trois semaines de préparation spécifique, ce qui est finalement assez court. Je devais réaliser le premier tour par équipe, soit un effort arrêté d’environ 18 secondes. J’ai donc travaillé pour perfectionner le critère explosif. Il s’agit de la qualité première pour être performant sur ce type d’effort. Mais je ne suis pas un spécialiste du premier tour comparé aux démarreurs des équipes adverses. En effet, je suis un intérimaire en attendant que notre meilleur démarreur revienne à un bon niveau. Par conséquent, je n’étais pas dans mon poste habituel, ce n’était donc pas évident pour moi d’être en grande confiance. Cependant, je venais avec l’intention de bien faire et de me donner à 200% pour l’équipe afin de ne pas décevoir mes coéquipiers.

Une même ambition personnelle et collective

[Pervis] Sur le plan personnel, je voulais démarrer le plus vite possible et lancer l’équipe dans la meilleure allure possible. C’était important de perdre le moins de temps possible face aux équipes concurrentes. Notre équipe, quant à elle, voulait gagner mais avait  conscience que nous n’étions pas favoris vis-à-vis des adversaires dont les champions du monde en titre. Mes coéquipiers et moi-même, nous voulions tout de même nous battre pour faire mieux que notre troisième place des championnats du monde. Nous avons ainsi réussi à atteindre la deuxième position battus par plus forts que nous, donc aucun regret à avoir pour notre équipe.

Une finale difficile à atteindre

[Pervis] Il ne peut pas y avoir de stratégie sur cette épreuve. C’est une course contre la montre avec des phases très techniques où limiter la perte de temps est une priorité. Lorsque nous avons vu que nous assurions au minimum la médaille d’argent, c’était déjà une grande satisfaction car la concurrence fut rude. De plus, dans notre sport, tout se joue toujours à quelques millièmes de secondes. Mais nous ne voulions rien regretter et se servir de cette finale pour améliorer notre chrono et notre passage de relais. Néanmoins, nous n’étions pas à l’abri d’une erreur de l’autre équipe donc il ne fallait pas non plus partir avec l’idée de perdre. Evidemment, nous supposions qu’avec les temps réalisés par l’équipe adverse lors des qualifications et de la demi-finale, il serait difficile de les vaincre. Nous étions donc grandement satisfaits de repartir avec une belle médaille d’argent.

La victoire d’une équipe

[Pervis] Lorsque tu gagnes par équipe, tu peux avoir le plaisir de partager cette victoire avec tes coéquipiers. Durant la course, tu te bats pour toi mais aussi pour eux, pour ne pas les décevoir puisqu’ils comptent sur toi. Finalement, lorsque tu fais bien ta part du travail, tu ressens de la fierté et du soulagement d’avoir fait ce qu’il fallait. C’est une dynamique positive qui nous tire tous vers le haut, cela te pousse à encore plus te dépasser. Les sensations sont donc forcément très différentes lorsque tu gagnes seul.

Crédit photo : Reuters

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