Coup d’Cœur #2 : First Man

Coup d’Cœur #2 : First Man

Bienvenue dans le deuxième volet de Coup d’Cœur, la rubrique ciné qui s’exprime à cœur ouvert ! Cette semaine, on marche sur les pas de Neil Armstrong en revivant l’aventure Apollo.

Sensationnel

Sensationnel est selon moi le mot approprié pour décrire ce film qui débute in medias res. Pas le temps au spectateur de réfléchir, on entre directement dans le vif du sujet avec un long plan séquence d’une sortie atmosphérique. Je suspends littéralement ma respiration en regardant Neil Armstrong (Ryan Gosling) dans son avion-fusée « American X-15 » qui s’élance jusqu’à 6 419 km/h en passant le mur du son… et c’est impressionnant ! La caméra est rivée sur le visage humide de cet homme que je présume nerveux, en alternant avec des plans à l’extérieur de la fusée. De plus, on ressent chaque secousse avec un réalisme surprenant auquel Damien Chazelle tenait vraiment. Le film nous embarque également dans la vie personnelle de l’astronaute. Le public est convié à prendre part à toutes ces sensations fortes tout au long du film entre le deuil, l’angoisse du départ, les problèmes conjugaux, l’adrénaline, le soulagement ou encore l’amour fort d’un père à sa fille.

Grandiose

J’hésitais entre colossal et grandiose, mais grandiose évoque pour moi plus fidèlement la grandeur que représente un tel exploit. Le réalisateur offre l’opportunité de revivre cet évènement mondial à ceux qui en ont été témoin ou aux plus jeunes. Un peu comme pour la Coupe du monde 1998, lorsque le pied de Neil touche la lune, on se sent pris d’un immense sentiment de fierté. Une fierté non pas nationale, mais de l’Humanité et de ce qu’elle est capable d’accomplir. Ce qui rend chaque scène unique et émouvante, c’est aussi l’humilité et la dignité dont fait preuve Neil. Basé sur le livre First Man: La vie de Neil A. Armstrong de James R. Hansen, le travail de reconstitution rend le film très crédible, du moins à mes yeux en tant qu’humble amatrice d’astronomie. Enfin, les plans sur la Terre ou depuis la Lune renforcent cette idée de grandeur et d’immensité.

Artistique

Artistique car pour Damien Chazelle, chaque scène se doit d’être une chorégraphie précise. J’ai ressenti des échos avec son dernier film La La Land (2016), non pas lié au fait que ce soit son acteur fétiche, Ryan Gosling, qui incarne le personnage principal d’Armstrong, mais surtout par sa volonté de créer des tableaux tous très artistiques. La musique qui accompagne ces scènes nous procure un vrai moment de contemplation. J’ai aussi remarqué que le grain de l’image donnait un aspect assez rétro, et recrée justement l’ambiance de l’époque. Bref, c’est un spectacle éblouissant, magique, parfois bouleversant et intense.

Crédit photo : Universal Pictures International France