Grand procès de la Sorbonne : la Lannister paiera-t-elle ses dettes ?

Grand procès de la Sorbonne : la Lannister paiera-t-elle ses dettes ?

Le vendredi 5 octobre dernier se tenait un procès capital. Menés par les associations Révolte-toi Sorbonne et l’AsEED, nous allions juger la reine Cersei Lannister et ses odieux méfaits.

Nombreux furent les manants à se présenter pour assister aux plaidoiries des jurés et à la décision finale. Retour sur un évènement crucial auquel votre serviteur a assisté.

En route pour le procès

J’empruntai la Route des Expéditions Royales C. Ce n’était pas la plus rapide, ni la plus agréable. Mais contrairement aux tortueux tunnels souterrains, elle s’étendait jusque dans les lointaines régions périphériques pour rejoindre les terres du centre, où se déroulait le procès.

Je quittai donc ma campagne en toute hâte pour assister à un événement qui s’annonçait déjà exceptionnel : le procès de l’infâme reine Cersei. A défaut d’être la plus influente des Sept Royaumes, sa famille ayant été décimée, elle était sans conteste la plus retorse. Elle avait torturé, brûlé et meurtri moult impudents qui osaient menacer son autorité. En ce jour glorieux, elle serait enfin jugée et peut-être même condamnée.

Je me rendis dans le prestigieux sanctuaire de la Sorbonne, seul lieu d’autorité pénale que la despote n’avait pas encore fait exploser, pour prendre place parmi l’immense assemblée qui assisterait à la séance de ce soir. L’accusée entrée, le procès pouvait débuter.

Une bataille rhétorique

Je dus me rendre à l’évidence. La tyrannique Cersei avait plus d’un tour dans son sac à main vintage. Elle avait soudoyé les meilleurs avocats que le pays puisse lui fournir et l’accusation faisait pâle figure face à eux. Tyrion Lannister avait sûrement un coup dans le nez au moment de monter sur l’estrade, car ses formulations, bien que très poétiques, avaient autant de clarté qu’un cours de phonétique linguistique passé l’heure du souper.

Je fus cependant agréablement surpris par les propos de madame la procureure. Elle souligna non seulement les ignobles actes incestueux auxquels se prêtait la coquine, mais aussi le fait qu’elle avait privé de père ses propres enfants. Elle ajouta à cela les chefs d’accusation établis lors d’un certain procès de Nuremberg. En somme, elle dépeint Cersei comme la reine impitoyable et génocidaire qu’elle était. « On n’est pas ce qu’on dit, on est ce que l’on fait ! » concluait brillamment l’accusation.

Un verdict décevant

Je me leurrais. La défense balaya ces attaques d’un simple « Entre horreurs, il n’y a que des horreurs » et de quelques belles formulations sur l’amour. L’avocat a même eu le culot de conclure que la marche expiatoire de Cersei faisait déjà office de jugement pour ses crimes et que l’existence même de ce procès n’avait pas de sens. « Achetez vous un code pénal ! » lança l’accusation, quoi que cela puisse signifier dans le monde de Westeros.

J’assistai ensuite à la prise de parole de Cersei elle-même. Elle n’avait rien de mémorable et ne mérite pas que l’on s’attarde dessus. Cette sorcière ne fit que cracher son venin sur son frère, une fois encore. Se comparer à une rose n’apporta rien de plus à l’affaire si ce n’est de nous confirmer qu’elle s’était mise au jardinage. Le jury est ensuite parti délibérer.

J’ai un profond respect pour le jury, il s’est montré juste dans sa prise de parole, brillant parfois, désopilant souvent. Pourtant il y a une chose que je ne saurais accepter, c’est son verdict. Après un engagement certain pour le meurtre, la manipulation, l’inceste et le terrorisme, cette vipère infâme a finalement été acquittée ! Le choc de cette décision m’est resté en travers de la gorge. Finalement l’hiver vient, et ce monstre abominable ne le passera pas en camisole dans une cellule.

Je suis allé au procès de Cersei Lannister et j’en ai aimé chaque aspect excepté son dénouement !

Hits: 184