Capharnaüm, entre innocence et désespoir

Capharnaüm, entre innocence et désespoir

Liban. Aujourd’hui. Une histoire particulière pour représenter toutes les histoires.

Zain. Peut-être 12 ans.

C’est là que débute le film : Zain est un petit garçon, né comme tant d’autres sans avoir été déclaré. Zain n’a pas de papiers.

Son histoire est celle de tous les petits garçons sans papiers. Une histoire banale de faits qui nous semblent pourtant fous.

A nos yeux étrangers, occidentaux et européens, nous survolons des ruines, celles de ces vies qui s’écroulent, celles de ces bidonvilles qui servent d’habitat de fortune. Qui coûtent une fortune. Un jeu sur les images et les sons. Un entremêlement d’histoires. Une histoire double entre le présent et son passé.

Zain a porté plainte contre ses parents pour l’avoir mis au monde. D’avoir eu des enfants dans ces conditions. D’avoir des enfants qui n’existent pas vraiment.

Images déchirantes, on en reste sans voix, mais sans émotion extérieure.

Alors que de nombreux films auraient joué sur le pathos des scènes, ici nous restons face à elles. Alors que d’autres auraient cherché à tirer nos larmes, ici nous ne pouvons nous décrocher de l’image. Car il ne faut pas en perdre une miette.

On en reste bouche bée.

Le bruit.

C’est un capharnaüm. Toute cette histoire nous saute dessus, nous prend à la gorge. Une puissance des images et la profondeur des tous les sons nous aspirent directement dans l’histoire.

S’il s’agissait d’une histoire inventée… Mais c’est improbable.

Un bruit continu qui ne s’arrête jamais : les cris, les pleurs, les passants.

L’histoire d’une illégalité, tout autant que l’histoire d’un crime. Un doute qui reste jusqu’à la fin du film. Mais la fin sans réponse. Un crime humanisé. Un enfant qui n’existe pas dans les registres, qui paraît malgré tout plus vivant que tous.

Le souffle coupé. Plus aucun bruit.

Au sortir de la salle de cinéma, c’est le silence qui règne. Et puis, plus tard, on se remémore que Zain, le vrai, engagé dans la rue pour travailler sur le film, est désormais réfugié au Danemark. Et tous les autres ?

Ils sont pourtant tant dans les rues libanaises à rêver d’ailleurs, et à rêver de papiers.

Un film à voir et à penser.

Une histoire vraie.

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