La pop n’a pas d’âge avec Egypt Station, le nouvel album de Paul Mccartney

La pop n’a pas d’âge avec Egypt Station, le nouvel album de Paul Mccartney

L’ex-Beatles de 76 ans a dévoilé son dernier album début septembre. Et c’est une petite pépite pop qui, si elle n’est pas comparable à ses chefs-d’œuvres d’antan, se distingue par son énergie et sa surprenante jeunesse.

On ne présente plus Paul McCartney. Et pourtant, la légende du rock a tellement évolué au cour de ses soixante ans de carrière qu’il semble avoir vécu plusieurs vies. Après avoir connu la célébrité à 18 ans avec les Beatles au début des années 1960, il poursuit son ascension aux côtés de John, George et Ringo… jusqu’à l’éclatement inévitable du groupe, sur fond de drogues, de tensions caractérielles et de conflits artistiques. S’ensuit la période Wings durant laquelle Sir Paul McCartney prouve une fois de plus ses talents à la fois de composition et de scène. En parallèle, il entretient une carrière solo à laquelle il finit par se consacrer pleinement. Il a travaillé depuis sur différents projets comme la bande originale de Live and Let Die, plusieurs compositions classiques et des collaborations aux côtés d’artistes d’horizons divers, notamment Rihanna et Kanye West.

Un rail-trip musical

Pour ce dix-septième album solo, “Macca” décide de nous faire monter dans un train à la découverte de nouvelles sonorités. Sa construction est univoque. Les titres s’enchaînent de station en station vers l’inconnu, dans une tonalité globalement roots-pop à consonance acoustique, comme pour nous faire retrouver le goût de l’aventure.

Ce lien qui fond les chansons entre elles est plus qu’appréciable. En effet, cette rigueur de la structure est quelque chose de plus en plus rare dans la musique actuelle. Les chansons se consomment en singles et beaucoup d’artistes relâchent l’aspect structurel de leurs pièces. Le côté old school d’Egypt Statioparaît donc surgir d’un mirage du passé.

Toutefois, le style en lui-même peut décevoir par son manque de renouveau. La composition est pourtant attendue depuis cinq ans et avait une allure bien plus prometteuse. Il faut dire que c’est un peu frustrant pour les fans du bonhomme.

Pop, éclectisme et accessibilité

Ce n’est – on se l’avoue entre nous – ni le meilleur ni le plus original des albums de McCartney. Mais Egypt Station reste un solide LP à écouter à n’importe quel moment de la journée. Que ce soit à fond en voiture, sous la douche ou en bossant ses TD, l’ensemble pop et bien rythmé s’adapte à toutes les ambiances et passe vraiment partout. Comme un bon épisode de Friends ou de Freaks & Geeks.

Il y en a pour tous les goûts. C’est un album varié qui va piocher dans tous les répertoires pour offrir un voyage éclectique dans différents univers sonores. Certains ne sont pas sans évoquer ses albums précédents. « People Want Peace » rappelle les Beatles et leurs mélodies relax aux clairs messages de paix. On revient à Woodstock et on réactualise.

D’ailleurs, certaines chansons ont des résonances très actuelles, en particulier « Fuh You », coproduite avec Ryan Tedder. Les puristes diront que c’est la chanson la plus faible de l’album. C’est en réalité la plus commerciale, mais aussi la plus entraînante ; celle qui prouve le statut de superstar du surhomme de 76 ans.

Et pour ceux qui ne seraient toujours pas convaincus, l’album compte également deux titres un peu plus dans la recherche de sonorités et leur mélange. Cela tout en abordant différents maux du siècle comme la guerre, le déni du réchauffement climatique ou encore la déception et la frustration des politiques actuelles. « Despite Repeated Warnings » prend une nouvelle profondeur après la parution du rapport de la GIEC et l’élection imminente de Bolsonaro au Brésil. En tout cas, du pur rock alternatif qui rappellerait presque les fresques des groupes de rock d’autrefois.

L’album se termine sur un « I’ve been naked for so long, so long now » suivi d’un solo de guitare ponctué d’un petit cri du cœur. Une fin qui n’est pas sans rappeler les albums de la maturité à la Johnny Cash. On approuve. Et on hait les petits chanceux qui ont leur place pour le concert du showman le 28 novembre à La Défense Arena.