Record de vente pour la 14e édition du Hellfest

Record de vente pour la 14e édition du Hellfest

Mis en vente le 10 octobre dernier, les 55 000 pass 3 jours pour l’édition 2019 du Hellfest ont été écoulés en moins de deux heures, un record pour le festival. Entre popularité croissante et changement de politique, retour sur les raisons d’un tel succès.

Pour sa quatorzième édition, le Hellfest a en effet annoncé quelques groupes à l’avance, un choix lourdement demandé par son public. Mais c’est aussi sa popularité croissante qui lui a permis d’établir le record du 10 octobre, avec une vente éclair qui a créé bien des frustrations.

Un changement de politique attendu

Cela fait quelques années déjà que le Hellfest n’annonce plus ses groupes à l’avance. Si bien que chaque année, l’ensemble des pass 3 jours s’écoule avant même qu’un seul nom ne soit annoncé. Une politique qui, à chaque édition, a provoqué son lot de mécontentement. Inconcevable pour beaucoup d’investir une telle somme (le coût du pass avoisine les 200€) sans savoir pour quoi ils payent.

Beaucoup de fans s’accommodent pourtant bien de cette politique. Le Hellfest est pour eux un rendez-vous annuel, où l’ambiance a autant d’importance que la programmation. Le festival propose d’ailleurs chaque année environ 160 concerts différents, couvrant l’ensemble de la palette sonore du metal : death, black, heavy, punk, et j’en passe. On retrouve parfois même des groupes un peu plus borderline mais plaisant aux amateurs du genre, comme le groupe Wardruna (folk ambient) en 2017. De quoi satisfaire l’ensemble des amateurs de musique extrême, et faire de belles découvertes.

Mais la fin de l’édition 2018 (où Sor’bon était présent) a été l’occasion pour le fest de proposer un léger changement dans sa politique. A la fin du concert d’Iron Maiden, apothéose de l’édition 2018, la plupart des festivaliers étaient réunis : pas question de manquer le groupe légendaire. Les écrans géants ont alors diffusé une vidéo annonçant cinq têtes d’affiche de l’édition suivante : Carcass, Mass Hysteria, Slayer, Manowar (j’ai lâché un cri perçant de fangirl en entendant l’annonce…) et les Dropkick Murphys.

Une popularité croissante

L’annonce de ces cinq groupes peut expliquer l’intérêt spectaculaire qu’a suscité la vente des pass, pourtant plus chers encore que les années précédentes (215€ cette année, contre 199€ il y a deux ans). A chaque édition, le prix augmente un peu pour un festival déjà cher… C’est à se demander à combien il risque encore de monter dans les années à venir. Quoi qu’il en soit, je suis prête pour ma part à investir dans cet événement que j’attends chaque année avec impatience. Je suis soulagée d’avoir réussi à avoir mon pass car ils se sont vendus bien vite cette année : moins de deux heures, annonce le twitter du fest.

Au fil des années, le temps de vente s’est en effet réduit considérablement : trois mois pour 2014, un mois pour 2016, deux jours pour 2018, deux heures aujourd’hui. La popularité du fest n’a fait qu’augmenter ces dernières années. Elle est telle que la revente des pass est extrêmement facile, d’autant que le Hellfest effectue toujours un partenariat avec un site de reventes, pour faciliter ces dernières et les sécuriser (en général Zepass). De là, pas de scrupule à épargner et acheter un ou plusieurs pass pour soi et ses amis, en sachant qu’en cas d’imprévu ce ne sera pas de l’argent perdu. Alors qu’il intéresse d’abord les passionnés de metal, le Hellfest attire de plus en plus de festivaliers curieux, intéressés par l’ambiance et la médiatisation grandissante de l’évènement.

La vente-éclair fait polémique

La vitesse exceptionnelle de l’écoulement des pass a provoqué beaucoup de frustrations, à la fois chez les fans et chez les nouveaux arrivants : il ne suffit plus pour aller au Hellfest d’avoir économisé la somme nécessaire ; il faut maintenant se battre pour arracher les places. Beaucoup ont été pris au dépourvu, et n’ont pas pu se procurer le fameux sésame. Cela a amené certains à soupçonner les bots de sites de revente frauduleux comme viagogo d’avoir raflé la plupart des pass afin de pratiquer ensuite des prix bien plus élevés. Une polémique à laquelle le fest a tout de suite répondu dans un communiqué facebook, assurant n’avoir jamais pratiqué ce genre de partenariat scandaleux. Le nombre de billets achetables était d’ailleurs limité à quatre à la fois, permettant de réduire le risque d’achat de masse.

On attend avec impatience la programmation complète (qui arrive chaque année vers décembre) et les pass 1 jour, mis en vente début 2019. D’ici là certains font déjà des pronostics, notamment car le Hellfest semble avoir placé sa 14e édition sous le signe du message codé…

Crédit photo : AFP