Les aides étudiantes, les bouées de sauvetage financières modernes

Les aides étudiantes, les bouées de sauvetage financières modernes

S’éloigner de papa et maman, c’est se priver des nombreux conforts qu’offre le domicile parental. Il faut dès lors affronter notre peur commune devant les responsabilités et commencer à devenir adulte en remplissant enfin seul les formulaires. Les étudiants se rendent surtout rapidement compte du coût de la vie… Prendre une bière entre potes apparaît nettement moins indispensable qu’avant.

Les fins de mois sont difficiles, lorsque nos seules rentrées d’argent sont les aides apportées par nos parents. Réussir à concilier études, boulot, dodo et vie sociale est un exploit que seuls les plus téméraires peuvent réussir. Heureusement, pour éviter de jongler avec un emploi du temps d’étudiant infernal, les bourses existent.

La bourse du CROUS : un dossier épineux qui en vaut la peine

La première fois que j’ai été éligible à la bourse sur critères sociaux, je l’ai appris juste à temps pour faire ma demande. En bref : n’attends pas les résultats du baccalauréat. Le CROUS a mis en place un simulateur de bourse qui t’indique si tu peux percevoir la bourse, et quel en sera le montant. (Il existe différents échelons.) Vérifie, on ne sait jamais : par ici.

Quels que soient tes revenus, sauf s’ils sont jugés trop faibles, tu peux continuer sereinement tes études et manger autre chose que des radis et des nouilles. En plus de l’argent que tu reçois tous les mois, tu as le droit à quelques avantages. Tu ne payes pas l’inscription à l’université, ni la CVEC, et tu es prioritaire pour les logements étudiants CROUS. Tu peux toucher entre 1 009 et 6 661 euros annuels, qui seront divisés en mensualités.

Les critères reposent sur les revenus imposés de l’année précédente. Cela te permet d’anticiper les aides que tu peux recevoir. L’aide accordée chaque année est fixe et régulière lorsque le revenu imposable est aussi fixe. Ainsi, lorsque tu es indépendant et que tes revenus sont aussi aléatoires qu’une partie de dés, le montant de la bourse change du tout au tout une année sur l’autre.

Cependant, les travailleurs indépendants peuvent se retrouver dans une situation dans laquelle ils touchent une aide financière élevée tout en ayant des revenus élevés la même année. Il suffit d’avoir gagné très peu pendant l’année à partir de laquelle l’aide est calculée, et d’avoir des rentrées d’argents concentrées l’année d’après. Il est possible de jouer avec ces critères de temps pour retarder les rentrées d’argent. Cela peut donner à la bourse l’apparence d’un investissement malvenu. Cette situation semble être en contradiction avec les décisions gouvernementales d’une baisse des APL (Aides Personnalisées au Logement) en 2017.

L’obtention de la bourse nécessite également d’avoir moins de 28 ans le 1er septembre de l’année où est perçue la bourse. C’est un critère discutable… Peu importe son âge, un étudiant reste un étudiant. Il a besoin d’un soutien financier que ses parents ne peuvent pas forcément fournir. Limiter la bourse aux moins de 28 ans décourage les réorientations et les reprises d’études. Pourtant, il faut bien donner une limite à cette aide financière, afin de décourager dans le même temps les personnes attirées par la facilité, qui chercheraient à conserver le statut d’étudiant. Il serait peut-être plus logique de ne pas verser la bourse aux personnes ayant vu leurs revenus augmenter de manière significative, plutôt que de la retirer aux étudiants qui ont pour seul tort d’être plus âgés.

L’aide spécifique annuelle : la solution devant l’urgence

La poursuite de vos études est primordiale : on est à la fac, pas dans les Hunger Games. L’aide spécifique annuelle est utilisée pour les situations de crise et d’urgence personnelle ou financière. Par exemple, pour les étudiants en situation de rupture familiale. Elle est égale à l’échelon 1 de la bourse sur critères sociaux (1 669 ou 2 003 euros). Versée en une fois, elle donne droit aux mêmes avantages.

Elle se distingue surtout parce qu’elle vise à ce que chacun puisse poursuivre ses études dans le cas d’une situation grave se présentant au cours de l’année universitaire. Malgré un début d’année sans problème, une mauvaise surprise peut toujours arriver. Sache que tu peux être aidé en urgence.

On retrouve dans cette aide le fondement des aides sociales. C’est-à-dire donner aux personnes en situation précaire la possibilité de poursuivre leurs études. Cette aide est cette fois limitée aux moins de 35 ans. Les conditions sont beaucoup plus souples, et appréhendées par une commission qui peut décider de verser l’aide avant la délibération juridique.

Cette limitation d’âge est-elle plus pertinente que celle du CROUS ? Finir ses études à 35 ans rend l’entrée dans la vie active plus difficile. De plus, il peut être important de faire remarquer qu’il suffirait de s’inscrire dans une faculté pour toucher ces aides qui sont les plus rentables.

Malgré les limites de ces aides, nous, étudiants, avons quand même la chance de ne pas avoir à s’endetter comme aux Etats-Unis pour faire des études. Les écoles privées mises à part, les écoles publiques proposent des formations très attractives. Pourtant, pour les deux cas, il est possible de toucher des aides financières qui peuvent également te permettre de ne pas payer les inscriptions. Le rêve doit bien trouver une limite avec un petit goût aigre doux… Les critères de ces aides financières pourraient en effet être un peu repensés.