« Le Fils » : l’aspiration à la vie de Rod Paradot

« Le Fils » : l’aspiration à la vie de Rod Paradot

Deuxième saison pour la pièce de Florian Zeller, mise en scène par Ladislas Chollat à la Comédie des Champs-Élysées. La pièce, largement saluée par la critique, est jouée jusqu’à fin décembre. Il est encore temps de prendre ses places pour vivre une expérience profonde et haletante.

De nouveaux comédiens en tête d’affiche pour cette deuxième saison, mis à part Rod Paradot qui garde le rôle principal du fils. Stéphane Freiss et Florence Darel interprètent les parents de Nicolas, dix-sept ans, qui connaît un immense mal-être.

Les tourments de l’adolescence

Cette pièce ne nous ménage pas. Première scène : nous apprenons que Nicolas (Rod Paradot) ne va plus en cours depuis des mois. Nicolas va mal mais personne ne sait pourquoi.

Il est en pleine adolescence, son père a quitté sa mère pour une autre femme avec qui il attend un enfant. Nicolas est un adulte en construction dans une famille détruite. La prestation hors-norme de Rod Paradot (César du meilleur espoir masculin en 2016 et Molière de la révélation masculine en 2018, pour cette même pièce) nous plonge dans les affres de l’adolescence. La culpabilité latente de l’enfant lors d’un divorce, le sentiment d’abandon, l’impuissance face à sa mère qui souffre… Toute la douleur de Nicolas devient la nôtre, on la ressent et on la vit avec lui.

La pièce aborde les tourments de l’adolescence ainsi que la question de la dépression. Nicolas lutte pour sortir de son abysse et essaie tant bien que mal de garder espoir pour tenter de vivre.

L’impuissance des parents

Face à lui, des parents désemparés. La mère (Florence Darel) est dépassée par les évènements et ne sait plus quoi faire. Nicolas va demander à vivre chez son père (Stéphane Freiss) qui va faire tout son possible pour lui redonner goût à la vie. Stéphane Freiss illustre l’envie et l’espérance de voir son fils aller mieux.

La relation père/fils devient la pierre angulaire de la pièce et on en perçoit les limites : l’incompréhension et le sentiment d’impuissance face à la douleur de son enfant. Malgré le désir d’aider plus que jamais son fils, la pièce met en exergue une question fondamentale : le parent peut-il tout pour son enfant ?

Cette pièce de Florian Zeller résonne en chacun de nous, que l’on soit adolescent, jeune adulte ou adulte.

Après deux heures bouleversantes, nous n’en sortons pas indemne.

Informations pratiques :

  • Représentations jusqu’au 30 décembre 2018
  • Tarifs : de 20€ à 53€ (tarifs préférentiels -26 ans à 10€ les mercredis et jeudis selon disponibilités à partir d’1 heure avant la représentation).

Crédits photos : Lisa Lesourd