Que va devenir le plus vieux terrain de basket du monde ?

Que va devenir le plus vieux terrain de basket du monde ?

Habituellement fermés au public, les locaux de l’UCJG-YMCA ont profité des Journées du Patrimoine pour attirer l’attention sur le gymnase et son terrain de basket historique. Des rénovations, et en premier lieu celle de ce dernier, sont envisagées. De ce fait, un concours d’idées a été lancé en mai dernier auprès des jeunes étudiants en architecture.

Les Journées Européennes du Patrimoine ont encore rencontré un franc succès cette année, avec près de 12 millions de visiteurs recensés par le ministère de la Culture. Pour certains curieux, c’était notamment l’occasion de découvrir le plus vieux terrain de basket du monde, niché dans les locaux parisiens de la YMCA, à quelques pas des Grands Boulevards.

Un trésor au cœur de la capitale

A chaque nouveau visiteur, c’est la même réaction une fois le seuil du gymnase franchi : une bouche qui s’arrondit de surprise, des yeux qui pétillent, et souvent l’irrésistible envie d’aller mettre quelques paniers. Ce n’est pas tous les jours en effet que l’on peut fouler librement le sol du plus vieux terrain de basket du monde, situé 14 rue de Trévise dans le 9e arrondissement de Paris.

Ouvert une fois par an à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, il demeure caché le reste de l’année au cœur du bâtiment de l’Union chrétienne des jeunes gens (UCJG), une association membre des YMCA-France. Mais l’avenir devrait changer la donne, puisque l’UCJG compte entreprendre bientôt les rénovations de ces 4000 m², qui comprennent aussi un théâtre, un foyer de jeunes gens, ou encore deux pistes de bowling désaffectées. Objectif : donner un coup de neuf aux locaux tout en préservant ce patrimoine historique insolite.

Allier modernité et jeunesse, dans la fibre YMCA

D’un air satisfait, Christelle Bertho observe les visiteurs depuis la piste de course qui surplombe le terrain de basket. Architecte chargée de la valorisation du patrimoine au sein de l’UCJG, elle est à l’initiative d’un concours d’idées, lancé en mai 2018 à destination des étudiants en école d’architecture. L’occasion alors de « s’inspirer des meilleures idées de chacun des projets, afin que nous puissions ensuite réfléchir à notre projet en interne », explique Christelle. Cinq projets ont été retenus et exposés au public lors des JEP. « Ce concours nous permet de mieux comprendre les besoins et attentes de la jeunesse d’aujourd’hui. Allier modernité et jeunesse, c’est ça aussi la fibre YMCA ! », renchérit Sylvie Manac’h, la directrice de l’association. Depuis son inauguration en 1893, le bâtiment de l’UCJG se veut en effet lieu de communauté spirituel, intellectuel et sportif pour les jeunes garçons venus étudier et travailler à Paris.

De gauche à droite : Christelle Bertho, Pierre Gomard (président de l’association) et Sylvie Manac’h (directrice générale de l’association)

Créer un laboratoire d’idées

« Bien qu’il soit un patrimoine important, on ne souhaite pas que le gymnase devienne juste un musée. Des activités sportives et culturelles s’y déroulent depuis 125 ans et on ne veut pas que cela change ! » — Christelle Bertho

Des architectes, des membres de l’UCJG et des représentants d’institutions partenaires (comme la mairie du 9e ou la Fédération Française de Basketball) composaient le jury. Celui-ci a finalement distingué le projet de Stéphane et Nicolas. « Quand on a visité le bâtiment au début du concours, on est tombés sous le charme. C’est un site exceptionnel, avec une grande diversité de programmes et qui s’est plusieurs fois transformé au fil du temps », expliquent les deux lauréats. Leur projet, intitulé « La Parenthèse », entend penser le lieu comme un espace « flexible » à « ouvrir » pour y « redonner de la lumière ». Tout en conservant une dimension sportive, à l’aube des Jeux Olympiques de Paris en 2024.

Un bâtiment qui vit avec son temps

Jusqu’ici, les espaces comme les activités étaient « réservés » aux initiés, c’est-à-dire les 48 jeunes résidents du foyer attenant au bâtiment, et les membres de l’UCJG. « Lors de son inauguration en 1893, cet immeuble était très novateur pour son temps, car il réunit une diversité de programmes, d’activités en un seul lieu », explique Christelle Bertho. Il est question à l’avenir de conserver cette mixité programmatique tout en créant plus d’interaction avec l’extérieur. « Il nous faut des espaces qu’on puisse transformer et faire évoluer en fonction des besoins », rajoute Sylvie Manac’h. « Nous aimerions aussi travailler sur les toitures et envisager une partie terrasse, une zone de potager, pourquoi pas des ruches … Ça deviendrait finalement un laboratoire d’idées et une sorte d’éco-bâtiment au sens vivant, c’est-à-dire autant écologique qu’humain. »

Mais les pensées se tournent aussi vers le sous-sol sportif et son terrain de basket, qui nécessitera notamment une rénovation du parquet, la réouverture des baies vitrées pour recevoir la lumière naturelle, le rafraîchissement des peintures ainsi que des travaux d’isolation phonique. Enfin, une campagne de crowdfunding a été lancée en ligne afin de permettre au grand public de participer symboliquement à la préservation de ce lieu hors du commun.

Crédits : UCJG-YMCA