Loi pour la liberté de choisir son avenir

Loi pour la liberté de choisir son avenir

Le 1er août, elle est votée, le 5 septembre, elle est promulguée. La loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel pour tous est une entreprise lancée main dans la main par le ministère du Travail et celui de l’Enseignement Supérieur.

L’objectif est de « lever les freins et les discriminations » et d’établir de « nouveaux droits pour chacun » comme Murielle Pénicaud, ministre du Travail, le dit elle-même. Mais quelles sont ces mesures concrètement ? Qu’est-ce qui va changer dans le milieu étudiant ?

Favoriser les passerelles vers l’apprentissage

Selon les créateurs de la loi, dont Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement Supérieur, l’apprentissage doit être revalorisé. C’est en effet la formation privilégiée pour accéder aux métiers de l’artisanat notamment. Auparavant, l’apprentissage était accessible pour tous les jeunes de 16 à 25 ans. Une courte marge de manœuvre pour les étudiants en quête de reconversion. Mais dorénavant, vous avez jusqu’à 30 ans, si vous décidez soudainement de plaquer votre licence de socio pour devenir maître-pâtissier. De plus, il est possible de recevoir des aides de la part de l’Etat pour se lancer sur cette voie : jusqu’à 800 euros par an pour les futurs apprentis les moins formés. Cette somme peut augmenter pour les personnes atteintes d’un handicap.

Les passerelles université/apprentissage seront d’avantage développées et des campus de métiers devraient regrouper toutes les filières. Il sera même possible d’entrer en apprentissage en cours d’année, d’intégrer une classe préparatoire pour se remettre au niveau de l’apprentissage, ou encore d’écourter sa formation si on possède déjà les acquis. Un apprentissage à la carte donc.

Enfin, 15 000 jeunes devraient être concernés par la mise en place d’ « Erasmus Pro » dès 2022. A cette date, les écoles de production auront également été doublées. Pas de panique, pour financer ce projet, le gouvernement va mettre en place un plan d’investissement.

Une meilleure orientation

« Choisir sa voie », « orientation », autant de mots qui nous donnaient des sueurs froides au lycée. Certains en font peut-être encore des cauchemars. Pour permettre une facilité dans les choix des élèves pour la suite de leur formation, plusieurs mesures sont proposées par le gouvernement. Tout d’abord, le taux d’insertion et de réussite de chaque diplôme sera rendu public. Ensuite, des rencontres entre les professionnels et les établissements seront organisées. Et enfin, les conseils en orientation seront plus accessibles à tout le monde, et gratuits, grâce à un « conseil en évolution professionnelle ». De nombreux organismes sont d’ores et déjà habilités à fournir ces conseils, tels que Pôle Emploi, l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), la Mission Locale, l’Opacif ou encore le CAP Emploi (pour les personnes en situation de handicap).

Un tout nouveau Compte Personnel de Formation

De son petit nom CPF, cette plateforme numérique, qui permet une reconversion plus accessible à tous, existe en réalité depuis 2015. Mais, à l’horizon 2019, de nombreux changements vont y être apportés. Tout d’abord, les « heures » que l’on accumulait sur cette plateforme vont devenir des euros, du blé, de la moula. En effet, en fonction du nombre d’heures travaillées, n’importe quel inscrit peut financer une partie de sa formation, grâce aux bonus qui lui sont donnés. Ainsi, pour un salarié travaillant 24 heures par an, il pourra toucher 500 euros en une année, cumulables sur 10 ans. Pour plus de facilité, une application devrait également voir le jour. Le bénévolat compte aussi pour pouvoir acquérir ces euros, dans la rubrique « Compte d’Engagement Citoyen ». La plateforme est simple d’utilisation, il suffit de rentrer son projet professionnel, ses compétences ainsi que les aides souhaitées, et le tour est joué !

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