Réchauffement climatique : des régions entières vidées de l’Homme

Réchauffement climatique : des régions entières vidées de l’Homme

Avec le réchauffement climatique, les scientifiques estiment que des régions entières vont devenir inhabitables pour l’Homme d’ici la fin du siècle, en raison de la température, de l’humidité et du rayonnement solaire. Des flux migratoires massifs sont ainsi à prévoir.

Le Wet Bulb Temperature, WBT, aussi appelé en français “température du thermomètre mouillé”, est un indice permettant de mesurer les effets de la température, de l’humidité et du rayonnement solaire sur l’Homme. Il a été créé par l’armée américaine pour réduire le risque de traumatismes liés au stress thermique chez les soldats.

Le seuil critique du WBT est 35°C. C’est-à-dire que lorsqu’il atteint 35°C, il est physiologiquement impossible à l’Homme de survivre.

L’Asie du Sud, une terre qui va devenir inhabitable

D’après une étude parue dans Science Advance, « l’augmentation des températures et de l’humidité pourrait atteindre des niveaux excédant la capacité de l’organisme humain à survivre sans protection ».

Une température de 34,4°C avec un taux d’humidité à 80% est ressentie par l’organisme comme une température à 53°C. Lorsque la température atteint 35°C avec un taux d’humidité à 85%, la température ressentie est de 75°C. Le corps est incapable de se refroidir malgré la sudation.

Dans quelques décennies, des vagues de chaleur humide mortelles se produiront dans des régions d’Inde, du Pakistan et du Bangladesh. Y compris, selon la même étude, « dans les bassins fertiles de l’Indus et du Gange, d’importantes régions de production agricole ».

D’ici l’horizon 2100, jusqu’à 75% des habitants de la planète connaîtront des vagues de chaleur meurtrières. Aujourd’hui, c’est 30% de la population mondiale qui y est exposée. Les nouveaux records de température seront supérieurs de 6 à 13°C par rapport aux records actuels.

En 2003, la canicule qui avait touchée l’Europe a provoqué 70 000 décès dont 20 à 30 000 en France. On estime également que la chaleur tue dix fois plus que les autres catastrophes naturelles aux États-Unis.

Dans les pays du Sud, les vagues de chaleur sont de plus en plus fréquentes et intenses, provoquant des milliers de morts. Il est à noter que les populations des pays riches sont plus protégées grâce aux infrastructures et à leur mode de vie. Elles vivent en effet plus à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Des vagues énormes de migrations sont attendues

Les populations touchées vont partir à la recherche d’eau, de nourriture et de régions plus fraîches. C’est de la survie. Par exemple, nous savons que les vagues de chaleur motivent davantage les déplacements de population que les risques d’inondation.

A l’heure où les démocraties sont de plus en plus fragilisées, et où les gouvernements d’extrême-droite prennent le pouvoir partout dans le monde, appuyés sur des discours xénophobes (un article de Libération titre Les droites radicales fondent sur le globe), il faut regarder les choses en face. Sommes-nous prêts à faire face à ces bouleversements alors que les flux massifs migratoires n’ont pas réellement commencé ? Je peux prendre pour exemple la crispation de la société française lorsqu’il a été question d’accueillir seulement 58 personnes qui étaient à bord de l’Aquarius en septembre 2018. Nos démocraties vont-elles réussir à résister au réchauffement climatique ?

Pour l’instant, rien n’est fait concrètement pour lutter contre l’érosion de la biodiversité et le réchauffement climatique. Nous attendons des actes concrets qui permettront, peut-être, de protéger notre société contre la haine et le repli sur soi. Nous devons l’exiger au nom de notre génération. Cela passe par une politique écologique intraitable, inévitablement. Nous sommes à un tournant historique, et le virage est pratiquement terminé avant la ligne droite qui mène vers le mur.

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