Partir à la Columbia University avec Alliance — Interview d’Emmanuel Kattan

Partir à la Columbia University avec Alliance — Interview d’Emmanuel Kattan

Ce serait mentir que de prétendre n’avoir jamais aspiré à entrer à Columbia, Science Po, Polytechnique ou encore Panthéon-Sorbonne. Ces universités jouissent d’une réputation internationale. Le programme Alliance est l’occasion pour elles de travailler de concert et de proposer aux étudiants et aux enseignants une ouverture transatlantique privilégiée.

C’est en tout cas le portrait qu’en dresse son fondateur et directeur Emmanuel Kattan. Sorb’on est allé à sa rencontre.

Pourquoi ces quatre universités ?

Il s’agit ici d’une université américaine, la Columbia University, de la Ivy League, contre trois universités françaises et pas des moindres, puisqu’il s’agit de Science Po (sciences sociales, journalisme…), Polytechnique (sciences dures, mathématiques…) et Panthéon-Sorbonne (humanités, droits…). Monsieur Kattan les décrit comme « des institutions qui font miroir avec les connaissances de Columbia ».

Malgré cette courte explication, on peut tout de même s’interroger sur les motivations qui auraient poussé une université aussi réputée que Columbia à rejoindre ce partenariat. Emmanuel Kattan l’explique très simplement : « Columbia a une affection toute particulière pour la France. La maison française de l’Université est le plus vieux bâtiment. Les étudiants américains font beaucoup d’histoire française entre autres et ont donc une forte orientation vers ce pays ».

Que propose Alliance ?

Plus concrètement, l’idée du programme Alliance est d’« encourager la collaboration à tous les niveaux : recherches, enseignements et études ». Pour le volet de la recherche, un programme d’aide et de soutien à la mobilité doctorale a été mis en place. De plus, Alliance approfondit le concept de “recherche conjointe” en proposant dix projets de recherche aux enjeux divers afin d’encourager les chercheurs à travailler et à publier ensemble. Au niveau de l’enseignement, un échange de six professeurs par an est organisé. Trois professeurs français (un par université) vont enseigner aux Etats-Unis et trois professeurs américains viennent ici dispenser leurs connaissances. Pour le volet des études, le programme propose une formation par double-diplôme que ce soit au niveau du master, du doctorat ou du Bachelor.

Que vise principalement ce programme ?

« Les relations interculturelles » tout simplement. Le programme souhaite assurer la continuité, en France, du développement de la littérature, des arts, etc. « Il s’agit de travailler avec ces institutions culturelles françaises à New York pour encourager le dialogue » affirme Monsieur Kattan. Il donne l’exemple de la librairie Albertine à New York qui est un espace de lecture mettant en avant les échanges intellectuels franco-américains en créant des événements importants comme des débats ou des conférences. Il n’hésite pas à citer la récente conférence sur la liberté à l’ère digitale, avec des conférenciers français et américains. C’est dans ce cadre que le Programme Alliance souhaite avancer. La culture est bien au centre de ses intérêts.

Pour les étudiants, c’est aussi l’occasion d’acquérir une grande expérience. Cela passe par la découverte d’une autre culture bien sûr, mais surtout par le fait de vivre à l’étranger, dans un pays bien différent de ceux que l’on connait en Europe.

Quels atouts présente ce programme par rapport à Erasmus ?

Certes, le programme est très sélectif à l’entrée : un comité scientifique évalue chacun des dossiers, au cas par cas. Pour un étudiant français, Alliance se distingue d’Erasmus en priorité par rapport à la destination que le programme propose. « Erasmus ouvre à l’Europe et ses alentours » répond simplement Monsieur Kattan, « alors qu’Alliance ouvre sur New York et l’Amérique ». Cela étant, le directeur du programme précise qu’à ce jour l’intérêt pour l’Amérique des étudiants français reste encore assez faible. Cela est notamment dû au coût du voyage mais aussi à la forte sélection qui s’opère à l’entrée. Il faut tout de même rappeler que ce programme ne s’adresse pas qu’aux étudiants contrairement à Erasmus. Emmanuel Kattan parle avant tout d’une collaboration à plusieurs échelles. Il souligne notamment celle de la recherche qui a un fort potentiel. Elle offre déjà aujourd’hui des débats suscitant un grand intérêt dans les milieux scientifiques et culturels.

L’université ne s’adresse pas qu’aux étudiants. Le programme Alliance est donc né pour encourager autant la recherche que l’enseignement international. Si ce programme est encore jeune (il fêtait ses quinze ans le 10 octobre dernier), nul doute que la qualité d’enseignement et la réputation mondiale des universités qui la constitue sauront susciter l’engouement qu’il mérite.

Article rédigé par Manon Minaca et Tom Malki

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