Alice Recher : Sportive de haut niveau et étudiante, c’est possible !

Alice Recher : Sportive de haut niveau et étudiante, c’est possible !

Sorb’on est allé à la rencontre d’Alice Recher, étudiante de 19 ans à la faculté des Lettres Sorbonne Université et sportive de haut niveau pour essayer de comprendre comment elle allie sport et études. En équipe de France junior d’escrime depuis plusieurs années, elle suit un cursus universitaire (presque) normal.

Alice a 19 ans. Elle est en deuxième année de licence d’Histoire de l’Art à Sorbonne Université Lettres et en équipe de France junior d’escrime. Elle s’entraîne au quotidien avec le club de Bourg-la-Reine. Le tout dans des journées de 24h. On l’a retrouvée dans l’un de ses rares moments de libre à la Sorbonne pour voir comment elle gérait ses deux vies. Rencontre.

Depuis combien de temps fais-tu du fleuret ?

Depuis que j’ai cinq ans. J’ai commencé après avoir vu les Jeux-Olympiques d’Athènes en 2004 à la télévision et je me suis dit que je voulais faire ça.

Combien d’heures t’entraînes-tu par semaine ?

Beaucoup. J’en fais 2h30 tous les jours sauf le vendredi où je suis en repos et sauf le mardi où je m’entraîne à l’INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance) pendant environ 3 heures. Ça m’apporte un entraînement plus intensif que le reste du temps et ça me permet de comprendre certaines clés de l’escrime de ceux avec qui je m’entraîne pour pouvoir m’en resservir plus tard. Le tout sans compter les compétitions le week-end.

Comment t’organises-tu entre tes cours, les compétitions et les entraînements ?

J’ai demandé des dispenses d’assiduité au début du semestre. Elles m’ont été accordées assez facilement parce que j’ai le statut de sportive de haut niveau du Ministère. Je rate quand même pas mal de cours à l’arrivée des week-ends. Heureusement, j’ai des amis qui me les donnent quand je ne peux pas y assister. Mais globalement, les enseignants sont assez compréhensifs et de toutes façons l’équipe sportive de la Sorbonne peut dialoguer avec eux en cas de soucis.

Est-ce que tu peux nous parler d’une journée type ?

Le mardi, je me suis arrangée pour ne pas avoir de cours pour pouvoir m’entraîner à l’INSEP. Mais par exemple, le jeudi, j’ai cours de 9h à 17h et ensuite je m’entraîne de 20h à 22h30. J’ai également des séances de kiné plusieurs fois dans la semaine, entre les cours et l’escrime.

Qu’est-ce qui diffère dans ton quotidien par rapport à d’autres jeunes de ton âge ?

Scolairement, je ne peux pas reprendre mes cours tous les jours. Je ne peux pas non plus me rendre régulièrement au musée comme il nous est demandé de le faire. Je pense que j’accumule aussi plus de fatigue parce que je me couche à minuit tous les soirs. Je fais aussi pas mal de sacrifices sur les sorties, je ne vois pas beaucoup mes amis en dehors de la fac. Mais à part ça, je pense qu’il n’y a pas beaucoup de différences.

Est-ce que tu n’es pas un peu tentée de délaisser tes études au profit du sport ?

J’ai pensé à faire une année sabbatique l’année prochaine pour prendre du temps pour l’escrime en vue des Jeux Olympiques. J’aimerais beaucoup y participer. Peut-être pas les prochains parce que je suis encore jeune mais 2024 serait un objectif. Pour ça, il faut que je bosse beaucoup plus. Les dispenses d’assiduités c’est déjà un moyen de moins me consacrer aux études.

Comment s’est passé ton recrutement en équipe de France junior ?

Chaque année, vers mars-avril, au moment des compétitions internationales, il y a des sélections pour être en équipe de France. J’y suis tous les ans depuis 2016 et j’ai fait plusieurs championnats d’Europe et du Monde. Les compétitions internationales au cours de l’année permettent d’obtenir un classement et les 4 premières intègrent l’équipe de France après des choix de la Commission. Les compétitions nationales nous permettent de nous qualifier pour les compétitions internationales.

Alice Recher, double championne de France et vainqueur d’une coupe du monde à Zagreb en 2017

Tu te vois où dans 5 ans ?

J’espère que j’aurai obtenu une médaille aux Jeux Olympiques et en même temps avoir une carrière en tant que conservatrice du patrimoine. J’aimerais pouvoir concilier les deux. On m’a souvent dit qu’il faudrait faire un choix, au lycée notamment, mais j’ai quand même eu le soutien de mes professeurs et j’ai pu passer mon bac. C’est très dur nerveusement car il faut penser à beaucoup de choses, aux éventualités de sacrifier des week-ends seulement à l’escrime ou seulement au travail. Ma famille est très supportrice mais d’autres proches me disaient qu’il fallait que je choisisse. Il y a pas mal de pression mais je m’en sors.

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