L’e-sport, un sport comme un autre ?

L’e-sport, un sport comme un autre ?

Il y a encore quinze ans, l’e-sport n’existait pas, ou du moins pas en tant que discipline. Et pourtant, au fil des années, elle s’est démocratisée dans le monde entier. Quand on parle d’e-sport, on parle de compétitions sur un jeu-vidéo. Elles peuvent ainsi être de niveau amateur, mais aussi professionnel. C’est surtout cette seconde catégorie qui s’est développée de façon exceptionnelle récemment.

Samedi 3 novembre 2018, stade d’Incheon en Corée du Sud. Deux équipes sont arrivées à sortir des phases de poules pour parvenir jusqu’en finale. Après avoir longuement été briefés par leur coach, les joueurs, chacun faisant partie des meilleurs joueurs d’Europe ou de Chine, entrent dans le stade et s’apprêtent à jouer face à des milliers de spectateurs et des centaines de milliers d’autres qui les regardent depuis Internet.

Jusque là, on pourrait tout à fait croire (et à juste titre) qu’il s’agit d’un sport comme un autre, de football ou du basket. Sauf que la scène que je viens de vous décrire n’est autre que la finale des Championnats du monde de League Of Legends, un des jeux-vidéo les plus joués au monde. Se sont opposé les équipes de Fnatic (équipe européenne) et Invictus Gaming (équipe chinoise), lors d’un des événements e-sport les plus suivis au monde. La barrière entre sport et e-sport est aussi infime que l’est la lettre « e » qui les différencie : c’est une discipline qui a donc beaucoup de ressemblances avec le sport traditionnel mais qui a aussi ses propres codes.

Une discipline qui a tout du sport classique

Déjà ne serait-ce que par le but même de l’e-sport : se confronter à d’autres joueurs/équipes afin de trouver des adversaires toujours plus forts et exalter son esprit de compétition. Pour League Of Legends, il y a donc un championnat du monde annuel doublé de cinq ligues régionales (Europe, Amérique du Nord, Chine, Corée du Sud, et une dernière englobant Hong Kong, Macao, et Taïwan). L’e-sport se fait cependant aussi à une échelle plus réduite. Et dès lors qu’une compétition sérieuse sur un jeu est organisée, on peut parler d’e-sport.

Ainsi, les LAN (Local Area Network) rencontrent un succès particulier en France. Ce sont des événements durant lesquels les joueurs doivent se réunir afin de faire une compétition sur le jeu souhaité, et avec une récompense promise au gagnant (qui varie selon la visibilité du jeu). En effet, à l’ère du numérique, de nombreux tournois se disputent en ligne. Ils demandent alors moins de préparation, et apparaissent plus simples à organiser que les LAN, bien que ces dernières gardent un charme que l’on ne peut trouver sur Internet.

Ici, un des halls de la Lyon e-sport, une des plus grandes LAN de France. (Crédit photo : compte Twitter de la Lyon e-sport)

Des compétitions de plus en plus exigeantes

Pour pouvoir s’essayer aux LAN ou aux championnats du monde, il ne suffit pas de jouer occasionnellement à son jeu favori. L’e-sport demande souvent un investissement tout aussi chronophage que les autres sports pour faire partie des meilleurs. C’est pourquoi beaucoup deviennent des joueurs professionnels à plein temps, recrutés par différentes équipes, spécialisées dans l’e-sport pour certaines (Vitality, Fnatic…) et beaucoup moins pour d’autres, comme le PSG E-sport, qui s’est récemment lancée sur Fifa, le jeu de simulation de football.

Par ailleurs, actuellement, les championnats de League of Legends sont en situation de mercato, et comme au foot, tous les joueurs peuvent librement changer de club si un accord est trouvé. Même si les sommes engendrées sont encore loin de celles du football, elles restent non pas moins impressionnantes pour un milieu si jeune (certains joueurs peuvent se vanter d’avoir un salaire à cinq chiffres).

L’e-sport, le monde compétitif de demain?

Il y a déjà derrière l’e-sport tout un marché, car le secteur a l’avantage de toucher une communauté différente de celle du sport traditionnel. Ainsi, des marques spécialisées dans le gaming se sont taillé une belle place évidemment depuis un moment en tant que sponsors d’équipes ou de joueurs, mais aussi des marques plus étrangères au milieu, comme Renault, Volvic, Redbull et bien d’autres.

Ainsi, en approchant l’e-sport comme un sport à part entière, on pourrait envisager la présence de cette discipline aux Jeux Olympiques, ce qui serait une consécration pour le milieu. Cependant, les jeux-vidéo aux JO ? Ce n’est pas pour tout de suite ! D’après Patrick Baumann, membre du CIO (Comité International Olympique), l’e-sport ne sera pas présent de façon officielle aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Malgré cela, l’e-sport connait une croissance sans faille, et on peut s’attendre dans les prochaines années à ce que le milieu prenne de plus en plus d’importance et de notoriété.

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