Les services écosystémiques : qu’est ce que c’est ?

Les services écosystémiques : qu’est ce que c’est ?

Un service écosystémique est une notion fondamentale en écologie. Notre environnement produit des services indispensables à la vie et donc à notre société. S’il n’est plus capable de les assurer, alors il faudra le remplacer et les coûts engendrés seront énormes. De plus, l’efficacité ne sera pas forcément au rendez-vous.

A l’orée des années 2000, la disparition des espèces sur Terre a forcé les scientifiques à admettre une chose : si l’on veut que la société prenne conscience des enjeux associés à cette extinction massive, alors il faut chiffrer ce que le vivant nous apporte et l’argent que nous perdrions en ne préservant pas la biodiversité.

Nous avons un impact négatif sur la biodiversité alors que nous retirons des écosystèmes des bénéfices extraordinaires et indispensables.

Trois types de services écosystémiques

  • Les services d’approvisionnement. Dans ce type de services, on retrouve la chasse, la pêche, la cueillette, l’agriculture, l’eau, le bois, les fibres, l’énergie, etc.
  • Les services culturels. De plus en plus importants, ils rapportent de l’argent (écotourisme, jardins…) mais ont aussi un rôle psychique. Un parc en ville est par exemple très apprécié chez de nombreuses personnes. Voir la mer pour la première fois lorsque l’on y a jamais eu accès est une expérience inoubliable. Se promener en forêt est très agréable. Ce type de services a donc des apports esthétiques, spirituels, éducatifs et récréatifs.
  • Les services de régulation et de support environnemental. Ce sont les services écosystémiques les plus importants. Ils permettent par exemple de réguler le climat aux échelles locales et globales ; purifient l’eau et l’air ; rendent naturellement fertiles les sols agricoles ; régulent les flux hydriques ; atténuent des perturbations. Ils permettent aussi de contrôler l’érosion, de prévenir des épidémies ou la pollinisation, etc.

Ces services sont essentiellement fournis par des écosystèmes où la biodiversité est abondante (en biomasse et en nombre d’individus : dans les zones humides et les forêts) et diverse (en espèces, en diversité génétique).

Ainsi, le bon fonctionnement des écosystèmes assure des services dont il est impossible de se passer. Et on ne dépense rien. Ils sont universels.

Ces types de services sont liés. Les services écosystémiques d’approvisionnements et culturels dépendent des services écosystémiques de régulation et de support environnemental.

Aujourd’hui, les services d’approvisionnement sont en constante amélioration – notamment l’agriculture. Tout comme les services culturels. Seulement, d’après l’analyse du MEA  (Millenium Ecosystem Assessment), les services écosystémiques de régulation et de support environnemental sont en déclin (sixième extinction massive). Ainsi, malheureusement, les progressions positives des services d’approvisionnement et culturels ne devront pas durer et même s’inverser puisque ces derniers dépendent de la biodiversité, qui disparaît.

Des exemples concrets

Quels sont les services écosystémiques associés aux zones humides ? Pendant le 19e et le 20e siècle, ces écosystèmes étaient considérés comme impropres à l’agriculture. Ils étaient suspectés d’être des sources de malaria. Les zones humides ont été systématiquement détruites, et c’est toujours le cas aujourd’hui : l’aéroport de Notre Dame des Landes devait par exemple être construit sur une vaste zone humide. Aujourd’hui nous savons que ces zones humides ont un rôle dans la purification de l’eau, dans l’atténuation de perturbations, dans le stockage de carbone.

Les marais littoraux comme les mangroves fournissent des habitats et des nourriceries pour le plancton et donc pour le poisson. L’industrie de la pêche repose sur les zones humides et ces dernières ont une valeur économique supérieure à 30 000 € par hectare. Les prises en poissons sont proportionnelles aux surfaces des zones humides.

Prenons pour autre exemple la pollinisation : dans certaines régions de Chine, il n’y a plus aucun insecte pollinisateur. Celle-ci est donc assurée par des ouvriers agricoles très pauvres. Ils pollinisent les fleurs une par une à la main. C’est un travail éprouvant et il ne remplacera jamais les insectes.

Même si on est citadin, il ne faut pas considérer que nous sommes extérieurs à la nature. La nature fait partie de notre quotidien et si nos sociétés en sont là aujourd’hui, c’est grâce à elle. En tant qu’étudiants, je pense qu’il est primordial de réfléchir à nos futurs professionnels en gardant toujours à l’esprit que tout est lié. La disparition de la vie sur Terre ne peut que nous impacter négativement et il est impossible de nous en dédouaner.

Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur la question, vous pouvez vous renseigner sur le site de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

Hits: 64