Nettoyer la planète en un jour, cap ou pas cap ?

Nettoyer la planète en un jour, cap ou pas cap ?

Il y a un peu plus d’un mois, le World Cleanup Day a mobilisé 17 millions de bénévoles à travers 158 pays. Le but ? Prouver qu’en s’unissant, on peut se sauver nous-mêmes.

Chaque année, c’est entre 3.400 et 4.000 milliards de tonnes de déchets qui sont produits par l’Homme. C’est face à ce constat effrayant qu’a eu lieu, samedi 15 septembre, le World Cleanup Day, un événement mondial organisé par la Let’s do it Foundation. J’ai donc enfilé mes gants de jardin, et, munie de mon plus beau sourire, j’ai rejoint un groupe de bénévoles pour cette journée de nettoyage mondiale.

Trois heures, trente personnes et une vingtaine de sacs poubelle

Le matin du 15 septembre, je me souviens avoir rejoint ce groupe Facebook pour participer au World Cleanup Day : un jour dédié au ramassage des déchets partout dans le monde avec 150 pays participants. Je me lève donc, mais peu motivée un samedi à 10 heures du matin, j’hésite. Finalement, je m’y résous, après tout, le regroupement n’est qu’à 10 minutes de chez moi. Sur le groupe, il est écrit qu’il faut prendre des gants (de cuisine ou de jardin) et une bouteille en plastique pour ramasser les mégots.

J’arrive donc au lieu-dit, il y a déjà quelques personnes, et l’organisatrice arrive enfin. Au bout d’une demi-heure, on est une trentaine de personnes, et il y a même quelques enfants. Par petits groupes on se répartit sur le très long boulevard de Belleville et on commence à ramasser mégots, déchets en plastique, en carton, canettes que l’on trie dans des sacs préalablement distribués. Après 3 heures, 5 bouteilles de mégots et 4 sacs remplis à ras bords, notre groupe a fini : le ramassage de déchets, ça fatigue.

Problème d’incivilité ou de déchets ?

Une bonne initiative, mais qui finalement n’a peut-être pas eu l’effet espéré. Beaucoup de passants nous ont demandé pourquoi nous ramassions les déchets. La discussion tournait vite autour de l’incivilité des gens qui jettent leurs déchets dans la rue plutôt qu’autour de la problématique écologique derrière cette initiative. Beaucoup nous ont dit que « ça ne servait pas à grand chose de ramasser les mégots, parce que demain il y en aura de nouveaux, et on ne peut pas nettoyer les rues tous les jours quand même ». Finalement, l’initiative du World Cleanup avait surtout pour objectif de sensibiliser le public sur le nombre de déchets produits. En montrant le nombre de sacs de poubelle remplis en trois heures, il s’agissait de dire « regardez comment notre mode de consommation tue notre planète ».

L’environnement, un défi politique

Malgré le fait que cet événement n’ait pas eu la portée voulue, il contribue à la sensibilisation du public. Il incite à prendre part aux actions mises en place pour lutter contre les problèmes environnementaux. Entre les marches pour le climat, le rapport du GIEC 2018 (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat), le Manifeste des étudiants pour un réveil écologique ou encore l’initiative « Il est encore temps », le problème environnemental auquel nous devons faire face est désormais connu de tous. Cette situation dont nous, jeunes et étudiants, avons hérité, est aujourd’hui une crise aussi bien politique que climatique.

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