Sorties ciné du 12/12

Sorties ciné du 12/12

En cette période d’examens, une petite pause ciné peut faire du bien.

Nous les coyotes de Marco La Via et Hanna Ladoul

C’est à base de réalisme délicieux qu’Hanna Ladouk et Marco La Via font leur premier long-métrage. Les jeunes cinéastes sont salués par la critique internationale avec une nomination au Festival de Cannes (ACID) et au Raindance Festival au Royaume-Uni.

Ils nous racontent les premières 48h à Los Angeles d’Amanda (Morgan Saylor, connue pour ses rôles dans Homeland etWhite Girl) et de Jake (McCaul Lombardi, révélé dans American Honey). Rien ne se passe comme prévu pour le couple. Ils vont de déboires en déboires, d’un bout à l’autre de la ville. Cependant, leur amour et les amitiés qu’ils tissent sont plus fortes que les obstacles auxquels ils vont faire face. C’est avec un humour grinçant que les réalisateurs nous font voir le paradoxe entre une société dite « cool » et la cruauté sociale qu’elle renferme.

Certes, c’est un sujet très exploité, avec le récent Lalaland (2016) de Damien Chazelle, où l’on retrouvait déjà une souffrance permettant la beauté. La particularité de ce film est qu’il a été filmé en seulement 20 jours avec un budget très limité. Quoi de mieux pour parler de la précarité ? À voir !

Utoya, 22 Juillet d’Erik Poppe

On est dans un registre totalement différent avec le film d’Erik Poppe. C’est ce genre de film qui vous met une claque. Lorsque la personne qui vous accompagne demande : « Alors, t’en as pensé quoi ? », rien ne vous vient. Il vous faudra une semaine pour pouvoir revenir dessus. Si vous n’avez pas encore eu ce sentiment, ne manquez pas Utoya !

La bande-annonce plante le décor avec ce message : « Le vendredi 22 juillet la Norvège a connu deux attentats terroristes. La première explosion est survenue dans le quartier gouvernemental d’Oslo. La seconde attaque a suivi deux heures plus tard dans un camp de jeunes organisé par les travaillistes sur l’île d’Utoya. L’attaquant, âgé de 32 ans, était un terroriste d’Extrême-Droite. Bilan de la fusillade : 77 morts, 400 blessés dont une centaine gravement. L’attaque sur Utoya dura 72 minutes ». On dirait un article : factuel. Mais Erik Poppe va plus loin en tentant de répondre à la question qui est sur toutes les lèvres après avoir lu la nouvelle dans la presse ; « Comment aurais-je réagi ? ». Le réalisateur norvégien nous propose une expérience immersive privilégiée par la caméra-épaule.

On suit Kaja (Andrea Bertzen qui a obtenu le prix norvégien Amanda pour la meilleure actrice) à la recherche de sa petite sœur qu’elle a perdue dans le mouvement de panique à la suite des coups de feux tirés par le terroriste. À travers ses yeux on assiste à un cache-cache sanglant. Mais cette partie se joue avec l’ange de la mort dans un enfer à ciel ouvert. Le terroriste n’est jamais clairement montré, c’est une silhouette. Cela peut nous faire réfléchir sur le caractère universel de ce film. Tous les pays ont eu leur silhouette destructrice.

Le film est également disponible sur Netflix.

Une affaire de famille d’Hirokazu Kore-eda

Le meilleur pour la fin ! Le film d’Hirokazu Kore-eda a reçu la Palme d’or au dernier Festival de Cannes. Sous ses airs de film « feelgood », on perçoit un véritable engagement. Le réalisateur y aborde les problématiques sociétales de son pays. Il explique son point de vue au micro d’Allociné lors du Festival de Cannes : « Autrefois au Japon, la classe moyenne était très importante et aujourd’hui, elle se délite. Ce n’est pas une situation propre au Japon : le fossé se creuse entre les très riches et les très pauvres qui ont du mal à subsister en dépit du fait qu’ils travaillent. Parfois, ils peuvent toucher plus en allocations qu’en travaillant ». Quel meilleur moyen pour parler de la société qu’en racontant l’histoire d’une famille japonaise ? Les familiers des films d’Hirokazu Kore-eda ne seront pas surpris de retrouver le thème exploité dans Nobody knows et Tel père, tel fils.

Osamu (Lily Franky) travaille comme journalier. Lui et son fils Shota (Jyo Kairi) volent à l’étalage pour subvenir aux besoins de la famille. Un soir, en rentrant chez lui, Osamu trouve la petite Yuri (Miyu Sasaki). Il la ramène avec lui et avec sa femme Nobuyo (Sakura Ando), sa belle-sœur Aki (Mayu Matsuoka) et la grand-mère Hatsue (Kirin Kiki) ils forment ensemble une famille pauvre mais heureuse. On assiste à l’adaptation de la famille avec un membre en plus.

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