Biathlon féminin : Les espoirs de la jeune génération

Biathlon féminin : Les espoirs de la jeune génération

Justine Braisaz au tir couché, une discipline où elle doit progresser (Mons / L’Equipe)

Marie Dorin-Habert, quintuple championne du monde, a pris sa retraite. L’expérimentée Anaïs Bescond peine à lancer sa saison. Dans une équipe de France en pleine reconversion, un mot d’ordre : place aux jeunes !  

Soutenir les biathlètes françaises est un coup à se faire des cheveux blancs. A chaque étape, le jackpot ! Puis, retour à la réalité, on se retrouve à pester contre le mauvais tir d’ensemble de l’équipe. Scénario qui, à l’image d’Un jour sans fin (1993), se répète course après course. Les jeunes de l’équipe de France ont un potentiel immense, mais peinent à lier l’excellence du ski et constance de tir.

Anaïs Chevalier, gâchette facile

La cheffe de file de cette nouvelle génération est Anaïs Chevalier. Deux saisons déjà que l’Iséroise de 25 ans enchaine les bons résultats. Depuis sa montée sur le circuit de la Coupe du monde en 2016, elle est devenue le maillon fort français. Assurance tout-risque dans une équipe qui pêche au tir, Anaïs Chevalier est l’une des meilleures mondiales dans cet exercice si particulier.

Anaïs Chevalier se prépare au tir debout lors de l’individuelle des JO de PyeongChang, le 15 février 2018 (Agence Zoom)

Mais son début de saison déçoit, plombé par une vitesse de ski ne pouvant rivaliser avec les plus rapides du circuit. S’y sont ajoutées des fautes inhabituelles sur le tir debout lors de l’étape de Pokljuka (Slovaquie), qu’on oublie. Ce week-end à Hochfilzen, niché dans le Tyrol autrichien, c’est déjà bien mieux passé. 12e au classement mondial, Anaïs Chevalier retrouve course après course des sensations. Pour monter sur la boîte la semaine prochaine ?

Justine Braisaz en quête de repères

L’autre leader annoncé de l’équipe de France est Justine Braisaz. La jeune biathlète, arrivée dans le gratin mondial en 2015 à seulement 19 ans nous impressionne par sa vitesse de déplacement. Mais cela ne fait pas tout, elle est attendue au tournant. Réaliser des « coups » est insuffisant, il faut maintenant trouver une constance et rivaliser sur l’ensemble de la saison avec les meilleures biathlètes, comme la finlandaise Kaisa Makarainen ou l’italienne Dorothea Wierer. Il faut dégainer plus vite ! Avec 80% de balles dans la cible en moyenne sur les 3 dernières saisons, Braisaz n’arrive pas à s’améliorer, alors que Makarainen est à 84%, Wierer à 86%, et Chevalier à 87%. Il est urgent de mettre dans le mille, au risque de réduire Justine Braisaz à un éternel espoir.

Aymonier, tir imparfait

Même qualités, même défauts pour Célia Aymonier. L’ancienne fondeuse, reconvertie il y a trois ans dans le biathlon, tarde à faire la transition. 75% de cibles blanchies en moyenne, trop juste pour le top niveau. Plus inquiétant, cette carence n’en finit pas. Peu à peu, une sorte de résignation s’installe. A 27 ans, il est urgent d’expliquer ces lacunes, car les places en équipe de France sont chères. Et d’autres jeunes biathlètes se bousculent déjà au portillon, n’attendant que de prendre la place d’une vaincue. Difficile de retrouver la confiance quand on est sur un siège éjectable.

La révélation Julia Simon

Qui de mieux que Julia Simon pour illustrer un passage réussi en équipe A ? Profitant de la place laissée par Marie Dorin-Habert, la Savoyarde réalise un début de saison tonitruant, à seulement 22 ans. Elle trône, après deux étapes, meilleure française à la 8ème place du classement général. Remarquable pour une première vraie saison sur le circuit mondial !

Ultrarapide en tir, à l’image d’une Dorothea Wierer, Julia Simon montre aussi de bonnes qualités en ski. Des petites fautes derrière la carabine sont pour le moment les seuls points négatifs, qu’on peut aisément expliquer par la forte pression reposant sur ses épaules. Mais elle répond présente, comme lors de sa 4e place sur le sprint de Pokljuka, ou de son bon passage sur le relais féminin d’Hochfilzen où la France s’est classée 3e. Julia Simon incarne cette nouvelle génération qui apprend et s’adapte vite. Pour un premier podium individuel avant Noël ?

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