La désillusion de l’espoir

La désillusion de l’espoir

Il est des saisons qui se ressemblent. Et des saisons qui se ressemblent. Comme une histoire sans fin, le XV de France est toujours – hélas – en chantier. La tournée de novembre n’a fait qu’aggraver le sentiment d’impuissance d’une équipe qui se cherche perpétuellement… en vain.

Sur trois rencontres, le XV de France n’a signé qu’une seule victoire. D’abord, une défaite face à l’Afrique du Sud. Un match dans lequel l’équipe de France menait jusque dans les dernières minutes avant de rompre face aux Sud-Africains. Les Tricolores ont pourtant lutté, mais l’espoir de remporter le match s’est très vite éteint. Illusion gâchée par un manque de réalisme qui permet aux Boks de scorer dans les toutes dernières minutes. Un premier échec qui laisse les Français perplexes. Comment sont-ils passés si près de la victoire ? A qui la faute ?

Sursaut d’orgueil illusoire

A Lille, le XV de France, face à l’Argentine, se voit malmené avant de reprendre les reines de la rencontre. Les minutes défilent, le jeu des Français devient plus percutant, l’espoir de victoire grandit au fil des minutes. Le XV de France passera à trois reprises pour – enfin – gagner après neuf mois de disette. Dès lors, tous les espoirs sont permis. Finir la tournée sur une note positive semble possible. C’était sans compter sur la volonté affirmée des Fidjiens de bousculer les Français. Car oui, le XV de France est bousculé, impuissant, bafouant même ses fondamentaux, à la limite de la rupture, dépassé, hagard. Les joueurs français n’arrivent pas à prendre les devants. Et ré-ouvrent le livre pour y inscrire un nouvel échec. Désillusion totale dans le camp bleu.

Les Français impuissants face aux Fidji finissent la Tournée comme ils l’avaient commencé

Une fois encore, les Tricolores seront passés par tous les états. Mais l’échec est finalement le fait retenu pour résumer cette tournée de novembre. Chercher les coupables de cette tournée catastrophique serait-il la solution ? Il y a un an, le sélectionneur alors en poste, Guy Novès, avait été démis de ses fonctions. N’en serait-il pas de même pour Jacques Brunel ? Les joueurs ont-ils le niveau pour concurrencer les autres nations ? Le maillot fait-il encore vibrer les joueurs pour qu’ils le défendent si mal ? Des questions en recherche continue de réponses. Car tous les ans, à chaque défaite, toujours les mêmes interrogations, toujours les mêmes mots d’excuses. Pour au final conclure que l’éternel chantier n’est qu’illusion de la faiblesse du jeu français.

Croire en l’avenir ?

Le XV de France ne fait plus rêver. Il ne fait plus rêver personne : les supporters font résonner leur mécontentement par leur absence, les joueurs ne parviennent pas à se trouver sur le terrain, le staff est sans solutions aux problèmes qui s’imposent au XV de France depuis de nombreuses années : la formation doit-elle être mise plus en avant ? Les joueurs étrangers ont-ils leur place au sein de l’équipe ? Le système français permet-il de préparer parfaitement les joueurs au niveau international ?

Sur le papier, les solutions semblent parfaire aux questions récurrentes. Sur le terrain, l’histoire est tout autre. Le XV de France est à sens unique dans une impasse qui paraît sans issue. La Tournée de novembre n’a fait que ressortir le sentiment de faiblesse de niveau des joueurs français à l’échelle internationale. Car si le Championnat de TOP 14 est considéré comme le meilleur au monde, son équipe nationale ne fait que régresser au niveau mondial. Il était possible de croire qu’enfin le XV de France pourrait briller. Mais croire en la victoire n’était finalement que de se persuader que le XV de France avait les clés en main pour changer sa destinée. L’espoir était pourtant permis, l’illusion fut totale, la désillusion immense.

Crédit photo : AFP/Anne-Christine POUJOULAT

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