PICASSO Bleu et rose

PICASSO Bleu et rose

Fruit d’une collaboration entre le Musée d’Orsay et le Musée National Picasso-Paris, l’exposition bleu et rose reconsidère le travail de Picasso entre 1900 et 1906 en adoptant une perspective très novatrice. Cela nous permet, entre-autre, de rétablir une connexion entre les périodes appelés « Bleu » et « Rose ».

Les premières toiles

Pablo Ruiz Picasso, fils d’un professeur, subit très tôt la pression de la part de son père. Il rêve d’une carrière officielle pour son fils. 

Arrivé à l’âge de 18 ans à Paris, il dégage déjà une certaine assurance. Son autoportrait intitulé « Yo Picasso » qui révèle l’influence d’artistes classiques nous démontre cette assurance. Son choix d’utiliser des couleurs plus sombres s’inspire des travaux de Van Gogh, comme cela est visible dans ses autoportraits peints fin 1901.

La seconde salle s’inspire d’une exposition rétrospective organisée par Picasso à la galerie Georges Petit en 1932. Trois peintures appartiennent aux périodes « bleu » et « rose ». Cela montre que l’artiste considérait ces deux styles comme complémentaires, forgeant une identité artistique chevauchant Paris et l’Espagne. En effet, entre 1900 et 1904, Picasso partage son temps entre Paris et la ville de Barcelone notamment. Ses illustrations pour le magazine Arte Joven à Madrid ont révélé une familiarité, non seulement avec Goya et Velasquez, mais aussi les innovations du modernisme.

A Paris, le jeune artiste est exposé durant l’été 1901. Dans ses œuvres, il observe son temps avec un regard grave, comme le symbolise son tableau « Buveuse d’absinthe ». 

La période bleue de l’artiste

A la fin de l’été 1901, Picasso tourne le dos à ces œuvres qui ont fait sa réputation. Il se concentre davantage sur des images mélancoliques, en particulier sur des scènes du quotidien comme l’illustre « femme à la toilette » ou « l’enfant au pigeon ». Il confiera plus tard que l’idée de peindre en bleu lui est parvenue à la suite de la mort de Cagemas. un ami proche de l’artiste qui s’est suicidé à Paris en 1901 suite à une histoire d’amour ratée. Les portraits de Picasso montrent à quel point la disparition de son ami l’a affecté. La couleur bleue lui permet ainsi de donner aux peintures une image froide et mortelle.

Les peintures érotiques de Picasso, fin 1901 à 1903, sont des illustrations de détresse, de femmes sans forces, mourantes. Elles constituent un contrepoint saisissant aux toiles graves et mélancoliques. Cela confirme que pour Picasso, l’art puise son inspiration dans la tristesse et la douleur. Finalement, ses travaux imbriquent l’une des premières constantes de l’œuvre de Picasso : l’intrication permanente de l’amour et de la mort. 

Tons roses et orangés

A partir de 1903, les sujets et styles de Picasso évoluent sous l’influence d’écrivains et d’artistes qu’il rencontre à son nouveau studio. La transition de sa palette vers le rose correspond à un renouveau de sensibilité. Les femmes restent pour lui des modèles privilégiés. Madeleine, son amour, dont on peut voir des portraits sur plusieurs tableaux. Sa période rose se caractérise par un style plus soft adopté dans ses travaux que lors de sa période bleue. 

La série des Saltimbanques

La série des Saltimbanques a aussi été influencée par des changements. Plutôt que de montrer les moments éclairés, Picasso habite ses personnages de moments de doutes, d’introspection et d’intimité. Le contraste entre les expressions faciales et les costumes chamarrés crée une atmosphère étrange, qui est accentuée par la fragile co-existence du bleu et du rose. « Famille de Saltimbanques avec un singe » montre une famille heureuse qui profite d’un bon moment avec une certaine pudeur.

On peut également voir l’influence des statues grecques et de l’art de Rodin dans le tableau « nu aux bras levés » qui semble montrer un retour au classicisme. Cela, comme à tous les moments clés des travaux de Picasso, se reflète par un changement de palette : du rose à l’ocre.

Chacun est libre d’apprécier les quasimonochromes de la période bleue, les tonalités roses de la période Saltimbanques ou encore les variations ocres de Gosol comme bon lui semble. Mais comme dirait Guillaume Apollinaire :

« Plus que tous les poètes, les sculpteurs et les autres peintres, cet Espagnol nous meurtrit comme un froid bref. Ses méditations se dénudent dans le silence. »

Informations pratiques

  • L’exposition termine le 6 janvier 2019.
  • Elle est accessible du mardi au dimanche de 9h30 à 18h (jusqu’à 21h45 le jeudi). Fermée le lundi ainsi que le 25 décembre. Les salles sont évacuées à partir de 17h30 (21h15 le jeudi).
  • Le billet plein tarif est facturé 12 €
  • Tarif réduit 9 €
  • Gratuit pour les moins de 18 ans, les 18/25 ans ressortissants des pays de l’Union Européenne, les personnes handicapées et les demandeurs d’emploi. Gratuit également pour le 1er dimanche du mois.

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