Deviens un spécialiste des films « Demain » et « Après-demain » sans les avoir regardés

Deviens un spécialiste des films « Demain » et « Après-demain » sans les avoir regardés

Tu as loupé les films « Demain » et « Après-demain » ? Pas de panique : Sorb’on te fait une analyse en 5 minutes top chrono 

Tu te souviens sûrement de Demain, le documentaire écolo sorti en 2015 et visionné par environ 1,2 million de spectateurs. Après-Demain est la suite co-réalisée également par Cyril Dion, militant écologiste et co-fondateur du mouvement Colibri (avec Pierre Rabhi). Pourquoi ce documentaire est devenu une success story (César du meilleur documentaire, diffusé dans 30 pays, influençant des politiciens et entrepreneurs) ? Qu’a-t-il de particulier ? Pourquoi y a-t-il eu une suite ? Sorb’on te livre son analyse.

En dehors de l’arène politique

Dès l’émergence des préoccupations environnementales dans les années 1980, l’écologie est devenue à la fois un enjeu politique (création d’un parti écologiste) et économique (coopération entre l’Etat et des lobbys industriels et commerciaux pour établir des normes et politiques publiques). L’expression « développement durable » en est la parfaite illustration : penser une croissance à la fois verte et pérenne, donc renforcer le développement économique plutôt que le verdir. Face à l’inaction climatique des sphères politico-administrative et privée et la crise des partis, Demain et Après-Demain s’éloignent de toute instrumentalisation politique et commerciale : deux documentaires réalisés par des militants écologistes qui donnent la parole à des citoyens du monde entier.

Une démarche pédagogique : l’écologie par tous et pour tous

Demain et Après-Demain s’inscrivent dans une démarche pédagogique singulière : l’écologie par tous et pour tous. Autrement dit, donner la parole à des citoyens acteurs de la transition écologique issus du monde entier à travers un langage universel : des images, de courtes interventions, pas de charabia scientifique, de l’humour, et de nombreuses initiatives reproductibles à l’échelle individuelle pour un citoyen lambda.

Encourager plutôt que critiquer

En tant que militant écologiste et ex-dirigeant d’une ONG, Cyril Dion connaît parfaitement les failles du système en terme d’action climatique et sait qu’il a un comportement écocitoyen plutôt exemplaire. Pourtant, il ne va pas critiquer les lobbys (industriels et commerciaux), le manque d’action climatique de l’Etat et la faible généralisation des éco-gestes par les citoyens. Il préfère encourager les projets écolo (alimentation, travail, éducation, habitat), soutenir ceux en cours, féliciter ceux ayant déjà porté leurs fruits et chercher à comprendre ceux pour lesquels ça n’a pas fonctionné.

Changer d’imaginaire : inventer un grand récit écologiste

Demain et Après-Demain ont pour vocation de répondre au problème suivant : pourquoi les individus n’agissent pas face à la crise environnementale ?

Le cerveau a deux types d’intelligence : la rationnelle et l’émotionnelle. C’est toujours la deuxième qui gagne car c’est celle qui nous sauve du danger (grâce à l’instinct de survie).  La crise écologique est tellement énorme et intangible que le cerveau l’appréhende comme un danger et donc opère un déni comme pour se protéger d’un danger de mort. Il est donc nécessaire de trouver une manière d’activer cette intelligence émotionnelle et des mécanismes plus concrets mais comment ? En racontant des histoires, des récits pour stimuler la créativité et l’imaginaire. Il faut sortir du récit dominant capitaliste (richesses = consommation = bonheur/bien-être) via un changement des représentations culturelles (l’écocitoyenneté, la consom’action, l’imbrication entre l’homme et les écosystèmes) qui conduisent ensuite à transformer les structures politiques et économiques.

Montrer l’exemple

Ces documentaires montrent des innovations sur différents secteurs aux quatre coins du monde : le système éducatif suédois parmi les meilleurs au monde qui privilégie la singularité de chaque élève, la souveraineté alimentaire à Detroit, favoriser les transports en communs plutôt que la circulation automobile à Grenoble, la 1ere capitale neutre en émission carbone qu’est Copenhague, monnaies locales à Bristol, les éco-quartiers en Finlande ou encore la réforme citoyenne de la Constitution en Islande. Ils répondent parfaitement à l’adage de Gandhi : « Montrer l’exemple, ce n’est pas la meilleure façon de convaincre, c’est la seule ».

Pour te donner quand même envie de les regarder, voici la bande annonce de Demain (2015)

Et celle d’Après-Demain (2018) :

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