A l’heure du culte de la performance, le sport peut-il rester un simple plaisir ?

A l’heure du culte de la performance, le sport peut-il 					rester un simple plaisir ?

Que recherchons-nous dans le sport ? Du sportif de haut niveau contraint à s’entraîner des heures par semaine, au sportif amateur dont le but est avant tout de se divertir, en passant par le sportif qui a en tête de soigner son physique, le portrait robot du sportif n’existe pas. Sorb’on revient pour vous sur la pluralité des objectifs associés au sport.

Durant l’Antiquité grecque, l’habitude avait été prise pour certains de se rendre à ce qui s’appelait déjà un « gymnase », afin d’entraîner son corps. En plus d’être une activité divertissante, elle avait des buts précis : se préparer afin de gagner les Jeux Olympiques, représenter au mieux sa cité, et honorer les dieux. Ainsi, dès l’Antiquité, le sport était bien plus qu’un simple loisir. Mais ici la question est de savoir si on peut arriver à la même conclusion avec une analyse plus moderne du sujet. Lorsque l’on pratique un sport, quel qu’il soit, doit-on à tout prix chercher la performance afin d’être le meilleur ou bien peut-on encore se permettre de le faire pour son plaisir personnel, et d’en faire un loisir ?

La musculation comme symbole du culte de la performance

Ce sont de nombreuses heures de musculation et de cardio par semaine auxquelles les athlètes doivent se soumettre s’ils veulent rester au haut niveau. Pour certains, il est clair que faire de la musculation n’est pas un plaisir. C’est un moyen d’atteindre son objectif, tout aussi important que les séances d’analyse tactique. On ne peut cependant pas leur en vouloir de faire du sport juste dans leur soif de performance.

En effet, dans notre société moderne, toujours plus individualiste, c’est le meilleur que l’on va regarder, complimenter, admirer. Et pour avoir ces privilèges, il faut donc s’en donner les moyens. Et cela passe souvent par beaucoup d’exercice physique (même pour un joueur professionnel d’e-sport, une séance de musculation hebdomadaire est préconisée, c’est dire). Leur détermination à chercher toujours plus haut, à s’améliorer sans cesse, est louable. Mais il s’agit là d’une conception du sport dans laquelle tous ne se retrouvent pas.

Le sport, un plaisir avant tout ?

Ce n’est pas parce que nos amis les Grecs avaient pour but de faire de leur cité la meilleure de toute la Grèce sportivement parlant que 2500 ans plus tard nous devons faire de même . En effet, le sport n’est pas juste une façon de montrer que l’on est meilleur qu’un autre. Pour beaucoup ce n’est qu’un moyen de se dépenser physiquement, jouer avec des amis, ou tout simplement s’amuser. Certains trouvent leur plaisir en voyant leurs progrès au fur et à mesure des séances d’entraînement. D’autres le trouvent en allant jouer sur un terrain de foot avec 2-3 amis une fois par semaine. Et ça, les clubs de sport l’ont bien compris !

Certains commencent à proposer à leurs adhérents une formule « compétiteur », pour ceux qui veulent se mesurer à des adversaires toujours plus forts. Une autre formule, « loisir », propose des activités moins exigeantes et où tout le monde, tous niveaux confondus, peut venir afin de pratiquer comme bon lui semble. Il y a donc deux conceptions du sport qui se distinguent. Et on a tous dans notre entourage des gens se rangeant dans l’une ou l’autre de ces catégories.

Cependant, la compétition ne doit pas prévaloir sur le sport en tant que loisir — et l’inverse vaut tout autant ! Le sport aujourd’hui propose un panel d’activités et de possibilités incroyablement diversifiées. Et n’avoir qu’une conception monocorde du sport, ne serait-ce pas un peu triste ?

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