Une nouvelle compétition européenne de clubs en 2021

Une nouvelle compétition européenne de clubs en 2021

Vous en avez marre de crouler sous la diffusion de matchs de foot ? Ceux que vous jurez de ne pas regarder parce que vous devez travailler. Une promesse que vous ne tenez jamais. Et bien, vous n’êtes pas gâtés ! L’UEFA a décidé de créer une troisième compétition pour les clubs européens, à l’horizon 2021.

Le 17 décembre dernier, le comité exécutif de l’UEFA a approuvé la création d’une nouvelle compétition européenne, pour le cycle 2021-2024. L’UEL2, son nom provisoire, se calque sur le format des autres compétitions européennes. 32 équipes sont au départ de la compétition, réparties en 8 poules de 4 équipes. Viennent ensuite les tours éliminatoires classiques à match aller-retour. A noter que les deuxièmes des poules et les clubs troisièmes à l’issue de la phase de groupe de Ligue Europa, reversés en UEL2, s’affronteront pour une place en huitièmes de finale.

Ouvrir l’accès aux compétitions européennes

L’objectif annoncé est clair : donner une opportunité aux petites fédérations, délaissées de plus en plus par l’ultra élitiste Ligue des champions, voire même par sa petite sœur, la Ligue Europa. Cette ambition se retrouve dans les propos du président de l’UEFA, Aleksander Čeferin : « La nouvelle compétition interclubs de l’UEFA rend les compétitions interclubs de l’UEFA plus inclusives que jamais auparavant. Il y aura davantage de matches pour davantage de clubs, et davantage d’associations représentées dans les phases de groupe. » Cette décision est une main tendue vers les petites associations et les plus petits clubs qui se sentent exclus des compétitions européennes.

Ainsi, tous les pays membres de l’UEFA — ils sont 34 — auront l’occasion de jouer une compétition interclubs sur le Vieux continent. Cependant, l’intérêt que représentera cette compétition pose question. Combien de fois a-t-on entendu un entraîneur d’un club français clamer haut et fort que l’Europa League ne représentait pas un objectif prioritaire ? Comment espérer que tous les clubs jouent le jeu de cette nouvelle compétition ? Pour qu’elle soit attractive, le simple fait de pouvoir participer à une compétition européenne est un argument qui paraît insuffisant.

Un des atouts mis en avant est que le vainqueur se qualifiera directement pour l’Europa League. L’équipe qui remporte cette dernière se voit, elle, directement versée dans la phase de poules de la Ligue des champions, l’année suivante. Mais cet argument sportif, étant donné qu’il ne récompense qu’une seule équipe, est insuffisant aussi, trop incertain pour motiver joueurs et entraîneurs. Il faudra alors observer ce que cette compétition sera en mesure d’apporter en retombées économiques, en visibilité et en niveau de jeu footballistique.

Une Ligue des champions de plus en plus fermée

Cette décision est à lire à travers le prisme de celles prises autour de la plus grande compétition de l’UEFA, la plus prestigieuse, la plus clinquante, la plus rémunératrice, aussi : la Ligue des champions, puisqu’il s’agit d’elle, est devenue de plus en plus exclusive. Les quatre premières nations au classement UEFA voient ainsi, pour la période 2018-2021, quatre de leurs représentants directement qualifiés. Ainsi, ce « big four » (Espagne, Angleterre, Italie et Allemagne) représente à minima 50% des équipes engagées en C1, laissant peu de places aux autres ligues.

Cet élitisme a été perçu comme inégalitaire par les petites fédérations, d’autant que l’organisation européenne avait auparavant prôné une certaine ouverture, sous le mandat de Michel Platini. Reste à voir si la nouvelle coupe sera une façon de combler ces petites équipes, de les contenter et de leur faire plaisir, ou si, au contraire, elle s’installera dans le temps comme une compétition qui compte. Avec un univers bien loin des strass, des paillettes et de la petite musique qui résonne à l’entrée des joueurs sur les plus belles pelouses européennes.

 Photo de couverture : Aleksander Čeferin, président de l’UEFA. Source : AFP

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