Mais à quoi servent donc les courses cyclistes ?

Mais à quoi servent donc les courses cyclistes ?

Alors que la trêve hivernale bat son plein, les saisons sportives se préparent. C’est notamment le cas pour les grandes compétitions cyclistes.

Pendant les froides journées d’hiver, il est bon de repenser aux après-midis d’été, faites de soleil, de baignade, de dîners sur la terrasse et de… cyclisme. De beaucoup de cyclisme. Du cyclisme italien aux examens de mai, du cyclisme français pendant les vacances, du cyclisme espagnol à la rentrée. Depuis plus d’un siècle, les tours cyclistes passionnent le Vieux Continent. Les enjeux qui en sont nés justifient leur intérêt pour des domaines extra-sportifs.

Une invitation au voyage estival

La première raison pour laquelle les compétitions de vélo attirent autant, c’est qu’elles passionnent par leur aspect sportif, touristique et culturel. Ce qui a été très bien compris par les organisateurs, qui rivalisent d’ingéniosité pour que les parcours proposent un parfait mélange de course et de promenade estivale. Ainsi, en 2016 le Tour de France a démarré du Mont-Saint-Michel, et en 2019, c’est le Pont du Gard qui sera à l’honneur. Effet carte postale garanti. Le phénomène se remarque également en Italie. Puisque la dernière étape du Giro en 2017 est parti du circuit de Monza, habituellement dévolu au Grand Prix d’Italie de Formule 1. Le Grand Départ de 2018 a quant à lui été donné de Jérusalem.

Un Big Brother pour le plaisir des yeux

Si ces courses développent au-delà de l’aspect purement cycliste, des allures de visites, c’est notamment grâce à l’essor des médias. Ainsi, le Tour de France, depuis 2013 utilise des drones pour filmer les monuments historiques. De plus depuis 2017, France Télévisions garantit une retransmission en direct et en intégralité de toutes les étapes. Si la compétition de l’Hexagone se révèle être la plus populaire à l’échelle mondiale, le Giro aussi est retransmis en clair et en direct par la Rai en Italie, mais aussi par la chaîne l’Équipe en France, ainsi que sur Eurosport Asia. Une diffusion donc internationale preuve de la popularité de ces compétitions partout autour du Globe.

Les mystérieuses cités d’or du cyclisme

Tout cela serait trop beau si les enjeux n’étaient qu’artistiques et sportifs. Mais des aspects purement économiques sont également en jeu, tant pour les équipes que pour les organisateurs eux-mêmes. Suite à l’annonce de Sky, partenaire de l’équipe de Christopher Froome – vainqueur du Tour, du Giro et de la Vuelta-  à hauteur de trente millions d’euros par an, de sa décision de quitter la formation à la fin 2019, le coureur phare a du rassurer dans la presse en affirmant la pérennité de la structure. De même, les organisateurs eux-mêmes ont besoin de cette source de revenus. Dans le cas du Tour de France, depuis 1981 c’est LCL qui assure le rôle de « sponsor-titre ». Un accord renouvelé fin 2018 pour la somme de dix millions d’euros. Au regard de la visibilité découlant de ces compétitions, l’investissement est judicieux pour les entreprises.

Une saison en enfer pour le bonheur des spectateurs

Néanmoins, il ne faut pas se laisser gagner par le cynisme. Ces courses ne s’organisent pas uniquement dans le but de générer des profits. La raison première pour laquelle elles existent est de montrer au monde des héros sur leur machine. En cela, elles ne raviraient pas autant le public sans leurs étapes phares dont les noms résonnent même aux oreilles des profanes de la bicyclette : le Tourmalet ou le Mont Ventoux en France ; le Stelvio ou le Gavia en Italie. Les arrivées spectaculaires sont également incontournables, que ce soit sur les Champs-Élysées, à Milan, siège de La Gazetta dello Sporte (quotidien sportif italien), ou encore Madrid. Pour les villes, les montagnes, les plaines et les châteaux, les Tours de l’été n’ont pas fini de faire voyager.

Crédits : La Manche Libre

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