Place Publique : le trait d’union de la gauche ?

Place Publique : le trait d’union de la gauche ?

Le mardi 29 janvier à 20h se déroulait dans la salle de spectacle de l’Élysée Montmartre (75018) le deuxième meeting du jeune mouvement politique et citoyen de Raphaël Glucksmann, Place Publique

Le mot d’ordre était clair : rassembler les différents partis de gauche pour produire une liste commune aux élections européennes de mai prochain. 

L’éclosion d’un mouvement citoyen 

Le mouvement n’a été créé qu’en novembre 2018 mais attire déjà son public. Environ 1 500 personnes sont présentes ce soir-là dans le 18earrondissement de Paris pour tenter de faire vivre les idéaux d’une gauche dispersée. Sur scène, Pierre Natnaël Bussière et Diana Filippova, co-fondateurs du mouvement font un compte-rendu rapide de la structuration et de l’action de Place Publique. Avec ses 25 000 adhérents et ses dizaines de « porteurs de cause », le mouvement politique se construit et s’établit localement dans tous les départements de France.

Place Publique revendique une valeur démocratique profonde ; l’importance de partir des idées et des initiatives citoyennes. Pour cela, le mouvement a lancé depuis quelques semaines déjà une consultation citoyenne sous le nom de « Place aux idées ». Un air de ressemblance avec le grand débat national lancé par le président de la République ? Oui. Mais Diana Filippova est convaincue, « Place aux idées » est réellement démocratique contrairement au débat national. 

« Éviter la bérézina » 

Malgré ce bilan plutôt positif, Place Publiquea décidé de s’attaquer à un plus gros défi. En vue des élections européennes du 26 mai, l’objectif est de faire émerger une liste commune de gauche pour, comme le dit Raphaël Glucksmann, « éviter la bérézina ». Même s’il reconnaît une certaine « candeur » à cette mission, M. Glucksmann semble déterminer à achever sa tâche. Un des principaux arguments chez Place Publique est, que pour échapper au « choix mortifère » entre le libéralisme de La République en Marche (LREM) et au nationalisme-populisme du Rassemblement National (RN), il faut proposer un projet alternatif fédérateur.

Place Publique cherche à créer une maison commune de gauche avec pour horizon politique, l’écologie. Le contact a été renoué et le dialogue ré-ouvert après les rencontres entre Place Publique et les diverses forces politiques de gauche. Cela a permis d’identifier 10 points de convergence sur lesquels ces différents partis de la gauche française se retrouvent et devraient faire campagne pour mai 2019. 

L’union : mission impossible ? 

Ce discours à première vue prometteur le semble encore plus quand on voit s’enchaîner sur scène de multiples figures politiques de gauche : l’éternel écologiste Noël Mamère, la numéro deux du Parti Socialiste (PS) Corinne Narassinguin ainsi que Barbara Romagnan et Aurore Lalucq toutes deux membres de Génération.s, le mouvement politique de Benoît Hamon. Tous appellent au rassemblement et à l’union de la gauche. Aurore Lalucq est la seule à émettre un doute sur cette union par peur du manque d’alternatives possibles pour l’électeur. 

Néanmoins la réalité des faits montre que la fédération de la gauche française est loin d’être acquise. En effet, la gauche dite « mélenchoniste » y est presque naturellement non-incluse. Le PCF (Parti Communiste Français) a fermé la porte aux discussions tout comme le parti écologiste de Yannick Jadot (EELV). Aucun membre d’Europe Écologie les Verts était présent à l’Élysée Montmartre ce mardi 29 janvier. Sandra Regol, porte-parole d’EELV, a depuis réagi dans la revue Regards en accusant les fondateurs de Place Publique d’avoir renoncé à la « main tendue » par M. Jadot et s’étonne qu’ils aient choisi de « faire avec le PS qui a trahi les idéaux de gauche ». Le chemin pour l’unité paraît encore long et sinueux. 

Crédit photo : © Julien Mignot

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