Interview du groupe LUCIE

Interview du groupe LUCIE

Trois garçons, une passion commune : le rock alternatif. Paul (23 ans), Antoine (20 ans) et Guillaume (20 ans) sont LUCIE, un jeune groupe francilien dont l’alchimie et la maturité artistique font déjà des étincelles. Sorb’on a rencontré le trio. 

Quels sont vos parcours scolaires et musicaux respectifs ?

Paul :Je suis en master de management et j’ai déjà une licence de philosophie en poche. Sur le plan musical, j’ai dix ans de guitare derrière moi et après avoir fait partie de deux groupes au lycée, à mon entrée en fac’ j’ai intégré LUCIE, qui est donc mon troisième groupe. Avec mes 23 ans, on peut dire que je suis un peu le doyen du groupe (rires).

Antoine : Je suis en licence 3 de droit à Panthéon-Assas. J’ai fait cinq ans de guitare auparavant, mais contrairement à Paul, je n’ai jamais pris de cours. Je suis complètement autodidacte. 

Guillaume : Je suis en troisième année de classe préparatoire littéraire (khûbe) à Saint-Germain-en-Laye. J’étais au conservatoire jusqu’à ma deuxième année de prépa ; j’ai étudié le solfège, l’harmonie, la guitare et la basse. Trois avant la création du groupe, je m’entraînais déjà sur Mac, à enregistrer des démos de guitare et des mélodies au synthé. 

D’où vient l’idée du groupe et pourquoi lui avoir donné le nom de « LUCIE » ?

Antoine : A vrai dire, c’est Guillaume qui le premier a porté l’idée d’une collaboration entre nous trois. On s’est rencontré en terminale. Avec Guillaume, on avait déjà notre groupe. Paul, lui, venait répéter avec son groupe au lycée. On a commencé à faire des jam sessions (séances d’improvisations) et très vite Paul s’est occupé de la batterie, Guillaume du chant, de la basse et du clavier et moi de la guitare. Le groupe était créé. Et cela avec une vision, un projet indissociable de notre trio. 

Paul : Concernant le nom du groupe, on aimait bien le prénom « Lucie ». Il est cool, esthétique et féminin. On hésitait entre Lucy et Lucie et finalement la version française s’est démarquée. Lucie rappelle également la lumière (luxen latin), un sentiment de pureté et de beauté qu’on veut transmettre dans notre musique. Enfin, Lucy c’est aussi une référence à la chanson éponyme des Beatles, qui a elle-même donné son nom au plus ancien être humain retrouvé sur Terre. C’est donc un nom chargé de sens qu’on a choisi volontairement. 

Quelles sont vos principales inspirations ? 

Guillaume : Nous sommes avant tout des grands fans de MUSE. Même si nos avis divergent entre nos albums favoris, on tombe toujours d’accord sur Showbiz2ndLaw et Absolution notamment. On a aussi tous les trois grandi avec les Beatles, Queen, les Pink Floyd, Radiohead, ou encore Jeff Buckley et je pense que ça se ressent beaucoup dans nos chansons. On aime énormément Artic Monkeys, 21 Pilots, Feu! Chatterton, Phoenix, Gary Clark Junior et on apprécie le travail de Sia et Angèle, par exemple.

Antoine : En fait, on veut décloisonner les époques et les styles. On déplore un peu l’uniformisation du rock ; il y a une substance qui se perd. Au contraire, je pense que nous avons trouvé un bon compromis entre le rock alternatif et des sonorités pop. C’est pour ça que notre style peut plaire à tout le monde sans qu’on tombe forcément dans la facilité, en suivant une formule mainstream.

Vous avez participé à des contests et êtes déjà montés sur scène à de multiples reprises. Qu’en retirez-vous ?

Antoine : Oui on a participé au tremplin Emergenza France qui nous a mené jusqu’en demi-finale. C’était un grand moment pour nous. Même si nous n’avons pas été en finale et que nous n’étions pas les meilleurs sur le plan de la technique, ça nous a donné l’envie de nous surpasser. On s’est aussi produit au jardin de Breteuil lors de la Fête de la Musique devant 400 personnes. C’était aussi une belle expérience.

Paul : On aime le live, on adore ça ! On ressent un mélange d’anxiété et d’excitation extrême lors de la performance, c’est exceptionnel. C’est vraiment un défi. Il y a aussi un sentiment de reconnaissance lorsqu’on voit l’énergie que nous rends le public. C’est magique cette communion ! On a juste envie de leur dire « Merci ». 

Votre premier EP My Humanity est sorti en octobre dernier. Que représente-t-il pour vous et comment s’est déroulé l’enregistrement ?

Guillaume : A la base, on avait beaucoup d’idées de chansons mais on n’en a retenu que cinq pour le projet. On a voulu insister sur la cohérence entre tous les morceaux. Car en écoutant l’EP, on voulait que le public rentre dans un monde, dans notre monde. Si on parle d’amour, de rêves, c’est surtout un univers mélancolique mais avec l’espoir au bout du tunnel. L’EP a donc une porte d’entrée et une porte de sortie et cette idée de voyage se retrouve dans notre cover art qui reprend L’île aux morts, une célèbre toile de Ruskin. 

Paul : On avait lancé un crowdfunding pour payer notre session studio. Enregistrer l’EP dans un studio en Normandie, c’était réellement l’aventure. Mais on avait quand même une certaine pression car on ne bénéficiait que d’une seule semaine d’enregistrement. Il nous restait donc peu de temps de préparation. Mais finalement, on est très fier de nous car cet EP c’est l’aboutissement d’un travail qui se compte en années. 

Quels sont vos prochains objectifs ? Avez-vous un nouveau projet en cours ?

Paul : On a l’idée d’un EP qui aurait une teinte un peu plus joyeuse. On a aussi envie de faire beaucoup de lives ; on s’est fixé dix concerts pour cette année. J’aime penser que nous incarnons une sorte de « start up artistique ». On s’applique à être innovant, on retire du plaisir à gérer notre propre communication et surtout à grandir à notre rythme sans nous prendre trop au sérieux. Car c’est avant tout une passion. Mais une passion qui, on l’espère, pourra devenir une profession.

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