Les mille vies de Tony Parker ou le Phénix à la française

Les mille vies de Tony Parker ou le Phénix à la française

Tony Parker est un joueur de basket intrépide. Il est le premier Français à véritablement marquer la NBA (National Basket-ball Association) de son empreinte. Mais aussi le président du club masculin et féminin de l’ASVEL Lyon-Villeurbanne LDLC. Retour sur le nouveau départ de Tony Parker depuis cette année, pendant laquelle le meneur profite d’un incroyable alignement de planètes.

Joueur de basket dans une des ligues sportives les plus exigeantes qui soient, président de club, chanteur, égérie de nombreuses marques, porte-drapeau de son pays au propre comme au figuré par-delà nos frontières. Voilà le type de CV qui ferait passer Cristiano Ronaldo pour un sportif à la petite semaine. C’est dans un élan des plus « cocorico » aux accents d’hommages, qu’il faut raconter cette incroyable légende au crépuscule de sa carrière.

Une longue carrière déjà bien remplie

Lorsque l’on évoque Tony Parker, on ne peut le faire sans évoquer ses 4 titres NBA ( en 2001,2003,2007 et 2014). On peut aussi citer son titre de MVP (Most Valuable Player) des finales. Mais également son titre de champion d’Europe (2013) et une panoplie de distinctions individuelles dont la seule mention nécessiterait un paragraphe entier. Pourtant, peu de personnes croyaient réellement aux chances de ce gringalet de « frenchie ». A 19 ans, il est choisi en 28èmeposition  de la Draft2001. Cette cérémonie permet aux équipes les moins performantes de récupérer des jeunes à fort potentiel. Mais 17 ans après c’est bien un petit séisme qui s’est déroulé du côté de San Antonio, Texas.

En effet, personne ne voyait le n°9 des « Silver and Blacks » porter un jour un autre uniforme. Mais la nouvelle tombe le 17 juillet 2018. Tony Parker quitte les Spurs pour rejoindre les Charlotte Hornets. Il faut dire que depuis 3 saisons, Parker n’était plus que l’ombre de lui-même. Souvent blessé, moins efficace, en bref sur la pente descendante de sa carrière. Il est pourtant bon de souligner, à sa décharge, que son style de jeu est basé notamment sur des qualités de vitesse impressionnante. Cela fait que « TP9 » vieillit de manière plus visible que les autres. Et il est difficile, après 15 ans, de renouveler son style de jeu du tout au tout.

Une cure de jouvence inattendue

Une fois le choc de la nouvelle passé, tout le monde se demandait pour quelle raison le meneur de jeu avait quitté sa franchise de toujours ? La raison principalement avancée est le fait que son contrat touchait à sa fin. Ce dernier n’allait être renouvelé qu’à la seule condition d’endosser un rôle de remplaçant-vétéran. Cela implique peu de temps de jeu et beaucoup d’aide au développement des jeunes pousses de la franchise. C’est pourquoi Tony Parker a décidé de poser ses valises en Caroline du Nord. Il s’installe dans l’équipe appartenant à Michael Jordan et au côté de son ancien coéquipier en sélection, Nicolas Batum.

La plupart des observateurs s’attendaient à un lent déclin aussi douloureux que le fait de voir un maillot différent. Mais c’est tout le contraire qui se passe ! “Tipi” est arrivé avec un statut de légende respectée et écoutée ainsi qu’un tendon d’Achille enclin à le laisser en paix. Il est l’un des remplaçants les plus efficaces de toute la ligue. Ce qui contribue de manière visible et efficace à la gestion de la « second unit » des Hornets. Déjà entrevu à San Antonio, le Français évolue : il court moins, passe plus et shoote moins. En bref il fait tourner l’équipe et briller ses coéquipiers comme un vétéran modèle. Le Français fait même partie des discussions du « 6th man of the year » (prix du meilleur remplaçant de la NBA). Loin de son équipe de toujours avec qui il a tout remporté, le quadruple champion s’est imposé un nouveau challenge assez relevé dans une équipe un peu à la peine, mais il s’y éclate et ça se voit sur le terrain… Mais aussi en dehors !

Tony président !

En bon hyperactif qu’il est, Tony Parker s’est dit que près de 90 matchs par saisons, ça n’était pas assez pour lui. Et c’est ainsi qu’il est devenu le président des clubs masculins et féminins de l’ASVEL LDLC. Il parvient ainsi à gérer une carrière de joueur et de président. Le tout à distance et avec un certain succès qui mérite d’être souligné. En effet, ces deux clubs sont en tête de leur championnat respectif. Les garçons font figure de prétendants à l’Eurocup (l’équivalent de la Ligue Europa). Leur effectif est très compétitif, il est composé d’internationaux français, d’Américains revanchards et de déçus de la NBA. Le président des clubs de Villeurbanne a su impressionner en convaincant plusieurs de ses ex ou actuels coéquipiers d’investir dans la structure du club. On peut citer Michael Finley, Corey Maggette et bien sûr Nicolas Batum. Celà en fait le club avec le plus gros budget de Jeep Elite (ex-pro A) avec un peu plus de 9M€. Alors que la moyenne est aux alentours de 5M€. Un succès entrepreneurial impressionnant pour l’un des plus grands succès du sport français.

Et maintenant ?

Le moins que l’on puisse dire c’est que Tony Parker s’est assuré un avenir radieux et excitant. Tout d’abord en se remettant en selle d’un point de vue sportif. S’il parvient à maintenir ce niveau, il pourra atteindre les 20 saisons en NBA ,ce qui demeure assez rare. Quand bien même sa retraite serait anticipée, il s’est assuré une carrière de dirigeant des plus excitantes. Tant qu’il ne retouche pas à un micro et se remet à rapper pour notre plus grand déplaisir.

Mais quid de San Antonio ? Son avenir s’écrit toujours là-bas, puisque sa famille et de proches amis y vivent toujours. Et les plus nostalgiques peuvent se consoler puisqu’il est prévu que « TP9 » prenne sa retraite sous l’uniforme des Spurs. Il est question d’un contrat de 10 jours en fin de saison d’ici deux ou trois saisons avant de voir son maillot –bien évidemment- retiré. Et peut être son intronisation au Hall of Fame d’ici 10 ans. Dans tous les cas, Monsieur Parker : Chapeau !

Source : Eurohoops.fr Extrait de la vidéo hommage des SA Spurs pour le retour de TP sur le terrain de ses débuts

Crédit photo : NBA.com

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