STAPS – Un autre regard

STAPS – Un autre regard

Souvent peu valorisée, la filière STAPS est un des parcours les plus surchargés, notamment en première année de licence. Et pourtant, être en STAPS ne se limite pas à faire du sport du lundi au vendredi. Réponses aux préjugés d’étudiants qui ont trouvé les moyens de faire de leur parcours une force.

Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives, de son nom complet, la filière est souvent sujette à de nombreux stéréotypes. Loin de l’image d’un parcours simple pour ceux qui aiment le sport, la réalité est toute autre.  

Être en STAPS, c’est faire du sport pour devenir professeur de sport – FAUX

François Reylé, étudiant à Besançon : “Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette filière possède une grande diversité au niveau des matières enseignées. On y étudie l’anatomie, la physiologie ou encore la biomécanique, l’histoire, la psychologie, ou la sociologie. Il serait trop long de tout citer, sans oublier les pratiques sportives.”

Un étudiant à Besançon“La pratique du sport n’est qu’une infime partie du diplôme. Certes, on y pratique une multitude de sports (vingt environ) lors des premières années, mais cela n’est que 30% des résultats, la théorie est la clé de la réussite par la suite.”

Téo, ancien étudiant à Rennes “Il y a plus de théorie que de pratique. En termes de pratique, il n’y a que neuf heures de sport par semaine.”

Un enseignant de l’Université de Créteil : “Les clichés ont la peau dure. Comme ils « font du sport », ils ne travaillent pas. La réalité est tout autre. La pratique sportive englobe une multitude de pratiques, les étudiants doivent exceller dans tous les sports.”

Être en Staps, c’est aussi s’ouvrir les portes dans le milieu du sport à différentes échelles au travers des différents parcours possibles. Les parcours professionnels sont donc larges et variés : administratif, management, marketing, rééducation, technique, etc.

Vincent De Vecchi, ancien étudiant à Besançon :La réalité, beaucoup de contenu théorique et scientifique.”

Sylvie Faure, responsable de la licence STAPS à l’université de Grenoble : “La pratique sportive est le support des études, pas le but.”

Le Staps est-une filière de “fainéants” – FAUX

François :“La plupart se souviennent du professeur d’EPS en bord de terrain à ne rien faire, et s’imaginent que nous serons les mêmes. Ils se heurtent aux matières scientifiques et abandonnent très vite. Beaucoup pensaient venir en vacances et avoir un diplôme facilement juste en faisant deux tours de terrain.”

Téo : “Les fainéants, ce sont ceux qui sont là par défaut, qui ne savent pas trop quoi faire. Ils n’ont pas de projet concret. Au final, c’est comme si j’allais en informatique parce que j’aime les jeux vidéo. De plus, ils partent en disant que c’était nul parce qu’il y a trop de cours théoriques : ils ne savaient pas tout ce qui les attendait.”

Wandrille, étudiant à Créteil : “Je pense que contrairement à d’autres filières on a un engagement associatif assez important et des entraînements (parfois plus de 10h par semaine) en plus des cours, c’est un vrai frein à nos études. Et sur ce point on n’est peut-être vu comme des fainéants car nous nous investissons un peu moins en cours.”

STAPS, une filière “sympa” : la solidarité stapsienne – VRAI

Téo : “Il y a un grand esprit de solidarité. Il y a certes un esprit de compétition parce qu’on est sportif, mais cela reste bon enfant.”

François : “Contrairement à d’autres filières où quelqu’un peut vous cracher dessus si vous lui demandez un cours, l’esprit d’entraide des Staps est vraiment plaisant. C’est l’une des raisons qui me rend fier d’étudier dans cette filière.”

Un enseignant : “Les étudiants sont particulièrement motivés et bienveillants entre eux.”

Le diplôme est peu reconnu – VRAI

Téo : “Tout dépend avec qui on en parle. C’est un frein dans le sens où il n’y a pas de reconnaissance scientifique. Beaucoup ne considèrent pas le sport comme une matière, mais comme un hobby. Cela provient de l’éducation où le sport rime avec récréation. Beaucoup ont tendance à assimiler sport et récréation. Je pense sincèrement que nous sommes aussi méritants que beaucoup d’autres étudiants : c’est une filière difficile.”

Wandrille : “Il y a une image un peu d’incompétence qui traîne. Et l’écrémage des deux premières années donne une mauvaise image.”

François : “Les personnes qui ne le trouveront pas valorisant seront celles qui ne connaissent pas la filière. Avec le nombre d’échecs, l’image des STAPS n’est guère valorisée. La plupart pensent que l’on fait juste du sport, et que cela n’amène à rien de prestigieux comme peut l’être un avocat ou un chirurgien.”

Un étudiant à Besançon : “Si on arrive en STAPS et que l’on se démarque cela peut être valorisant. Il faut savoir se démarquer et bien se spécialiser.”

Un enseignant : “Cette perception se retrouve également du côté des profs, d’ailleurs. Dans la société, le sport est perçu comme trivial, peut-être indigne d’être étudié « sérieusement ». Si les choses changent depuis quelques années, les clichés sont tenaces. Pour les étudiants, le STAPS égal pratique sportive. Tous les clichés reflètent une profonde méconnaissance de la réalité de cette formation. Par ailleurs, comme l’université est ouverte à tous, beaucoup pensent que les diplômés de STAPS sont moins compétents que les diplômés de « grandes écoles ». Pourtant, mon expérience dans les deux cadres m’invite à être catégorique : les diplômés de STAPS disposent d’une formation bien plus complète et bien plus spécifique au monde du sport, et seront donc les plus compétents. Les étudiants de STAPS sont formés spécifiquement pour leur domaine, et sortent opérationnels.”

Le jogging, l’allié des étudiant(e)s – VRAI

Téo : “On est souvent en jogging et sac à dos. Toutefois, ce n’est qu’une généralité. Disons que 80% sont en jogging.”

François : “On aura plus de chance de nous voir en jogging, mais cela reste des généralités, je ne sais pas si on peut décrire un profil type précis.

STAPS, une filière par défaut – VRAI – FAUX

François : “J’ai depuis longtemps l’objectif de devenir enseignant d’EPS, la filière STAPS est donc la route à suivre pour atteindre mon but.”

Vincent : “Il n’y a aucune sélection sur dossier : on se retrouve avec des étudiants qui sont venus par défaut parce qu’ils aiment le sport.”

STAPS, un parcours simple – FAUX

Vincent : “Qu’ils aillent aux cours de physiologie et bioénergétique par exemple pour rigoler.”

Wandrille :“Qu’ils se renseignent plus sur les véritables débouchés. Certains ne doivent pas avoir conscience de la réalité des choses.”

Un étudiant à Besançon : “Vous pouvez être très fort en sport, cela ne vous aidera pas si vous n’avez pas un minimum de réflexion.”

François : Il n’est pas facile de lutter contre les préjugés. Je les inviterai juste à venir ou à se renseigner avant de parler. Sinon tant pis pour eux, c’est dommage. En résumé, le STAPS c’est “Entraide – Passion – Volonté”. 

Chaque filière a ses propres stéréotypes. Les étudiants de littérature passent leur temps à lire des ouvrages d’un temps ancien, ceux en médecine occupent leur temps entre les veines et artères des bancs de la fac, ceux en histoire se complaisent à élucider l’histoire de l’histoire, ceux en STAPS jonglent entre les cours de sport. Peu importe la filière, toutes s’alignent sur les préjugés de ceux qui les regardent de loin, même si finalement les étudiants détiennent eux seuls les mystères de leur parcours. Croire que le STAPS se résume à la pratique sportive revient à dresser un cadre figé d’un parcours qui mérite bien plus de considération.

Source : arbitrage-athletisme.fr/staps/

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