La théorie de l’évolution : et aujourd’hui ?

La théorie de l’évolution : et aujourd’hui ?

Aujourd’hui la théorie de l’évolution est bien plus qu’une théorie. Nous savons que la vie sur Terre suit les principes de l’évolution.

C’est un consensus établi aussi bien dans la communauté scientifique que dans la société civile. Mais son importance et son impact sur le monde vivant restent parfois insoupçonnés. Or aujourd’hui plus que jamais, ses effets sont de plus en plus importants du fait de l’accélération du réchauffement climatique. Retour sur un concept pilier de l’écologie.

Qu’est-ce que la théorie de l’évolution ?

En 1859, le scientifique anglais Charles Darwin publie L’origine des espèces. Dans cet ouvrage, il emploie pour la première fois le terme de « théorie de l’évolution ». En effet, il fait l’hypothèse que la diversité des organismes sur Terre résulte de la transformation progressive (morphologique et génétique) des espèces au cours des générations. Tout cela grâce à des phénomènes d’adaptation.

Darwin imagine que l’évolution se fait par sélection naturelle. C’est-à-dire que les organismes les mieux adaptés à leur environnement sont les plus aptes à survivre et à transmettre leurs gènes à leur descendance. Ce phénomène peut amener, entre autres, à l’apparition ou la disparition d’espèces.

Au cours du temps, d’autres théories sont venues s’ajouter. Elles viennent préciser le concept d’évolution et mettent au jour d’autres mécanismes intervenant dans l’évolution des espèces.

Quels sont ces mécanismes ?

Quatre principaux mécanismes interviennent dans le processus de spéciation :

  • La sélection naturelle. Ce mécanisme correspond à la survie des espèces les mieux adaptées à leur environnement. Si un individu est mal-adapté, sa survie est menacée et il ne peut transmettre ses gènes à sa descendance. Toutes les conditions de l’environnement (prédation, température etc…) représentent des formes de sélection.
  • La dérive génétique : la dérive correspond à la variation aléatoire des fréquences alléliques (différentes versions d’un même gène) au sein d’une population au cours des générations. En effet, chaque population est caractérisée par un certain patrimoine génétique. Cependant, certains gènes seront plus transmis que d’autres. Cela entraîne, à terme, une variation des fréquences des gènes au sein de la population. Par la suite on peut aboutir à la transformation de l’espèce du fait que certains gènes ont été plus transmis que d’autres.
  • Les mutations. Une mutation correspond à toute modification aléatoire d’un gène d’un individu. Elle permet l’apparition de nouveaux allèles. Elle est donc à l’origine de la variation génétique et potentiellement des traits de l’individu. La mutation est impliquée dans l’évolution si elle est transmise entre générations.
  • La migration. La migration correspond à des flux de gènes liés au déplacement d’individus de la même espèce entre différentes populations. Ces nouveaux individus apportent, avec eux, leur patrimoine génétique. Ils permettent donc l’homogénéisation génétique des populations.

Ces quatre mécanismes s’exercent ensemble, continuellement. On les appelle donc « forces évolutives ».

Quel est le lien avec aujourd’hui ?

La théorie de l’évolution est aujourd’hui bien définie et établie. Mais elle fait action à une échelle tellement lente (d’un point de vue anthropologique) que l’on ne se rend pas toujours compte de son effet. Or, avec le réchauffement climatique, les pressions subies par les espèces dans leur milieu sont tellement accélérées et amplifiées qu’elles ne parviennent pas à suivre le « rythme » qui leur est imposé. Cela conduit inéluctablement à leur menace, voire à leur extinction.

C’est le cas par exemple du panda roux. La moitié de l’espèce a disparu à l’état sauvage au cours des vingt dernières années. Les principales causes, ici, sont la déforestation et la destruction de son habitat naturel. Les constructions humaines ont totalement bouleversé le milieu naturel du panda. Mal adaptées, les populations de pandas roux font face à une sélection « naturelle » sans précédent. De plus, l’aire de répartition du panda a subi d’importants changements et se retrouve aujourd’hui fragmentée en plusieurs morceaux. Confinés dans des espaces restreints, les pandas roux rencontrent des problèmes de consanguinité. C’est l’absence de migration qui menace la survie de l’espèce. Ce déclin devrait d’ailleurs se poursuivre voire s’amplifier.

On voit donc ici que la théorie de l’évolution est toujours d’actualité. Mais elle fait action à une toute autre échelle que celle initialement envisagée par Darwin il y presque 200 ans. Elle est artificiellement amplifiée par nos modes de vie. Désormais, on ne peut prévoir quelles conséquences désastreuses elle aura sur l’ensemble de la biodiversité.

Article rédigé par Louise Faux

Crédit photo : D.R

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