Temps calme avec Ivan Aivazovsky, apôtre de la nature

Temps calme avec Ivan Aivazovsky, apôtre de la nature

Dans un flux continuel d’informations souvent indispensables mais dont la profusion rend parfois la lecture épuisante, prenons tous un instant de répit, au fil des plus belles œuvres marines d’Ivan Aivazovsky, maître dans l’art de peindre l’eau. 

Ivan Aivazovsky est un peintre russo-arménien du XIXe siècle, qui a connu un immense succès de son vivant. De la Russie à l’Europe, il est sollicité et décoré, estimé par de grands artistes comme Turner et Delacroix, grâce, notamment, à ses représentations romantiques de la mer. Pourtant, même en cherchant bien, impossible de trouver une exposition qui lui soit consacrée en France après 2007.

C’est en partie par frustration que je relève ce temps d’abstinence, car je ne rêve que d’une chose : me perdre à mon gré dans les authentiques 4000 compositions marines de ce peintre hors du commun. Peut-être est-ce l’occasion d’une escapade à Saint-Pétersbourg ou à Istanbul, où sont exposées une grande partie de ses créations ? Peut-être même ces fenêtres ouvertes sur la nature vous donneront-elles envie d’engager une merveilleuse odyssée à bord d’un voilier ? En attendant, nous nous contenterons des captations numériques de ses toiles les plus populaires qui, j’en suis sûre, vous saisiront de ce sentiment d’admiration et de vertige qui aère et stimule l’esprit d’un même mouvement. Pour le plaisir de vos yeux, l’enchantement de votre imagination et le repos de vos oreilles, voici un aperçu de son fascinant travail en 5 humeurs maritimes.

La Tempête, (1886)

La nature est peut-être inimitable mais Aivazovsky en apporte sans aucun doute une des plus proches et intenses représentations. Comment l’eau peut-elle, par l’alliance des couleurs, prendre vie avec tant de force et de densité ? Le travail de la matière nous plonge littéralement dans les tumultes des vagues gigantesques. Témoins du puissant pouvoir de l’art et des éléments naturels, nous prenons conscience de leurs infinies grandeurs, au service l’une de l’autre. Admirer l’œuvre de l’homme qui admire celle de la nature, quoi de plus reposant ?

La Vague, (1889) 

Pendant la tempête a lieu le naufrage. Les vagues à l’écume et à la transparence incroyablement réalistes se confondent à l’horizon avec de terribles nuages. Perdu entre effroi et émerveillement, notre regard ne peut émerger de cette agitation fatale. Même le trou béant que laisse derrière lui le navire englouti nous terrifie et nous attire en même temps. Ce chaos nous tranquillise paradoxalement, le son des houles qui se laisse deviner nous apaise, les noires abysses que laisse imaginer cette gigantesque étendue nous anesthésient. Aivazovsky nous remet à notre place, et c’est de celle-ci que nous accédons à notre plus grande vertu : la contemplation. 

La Neuvième Vague, (1850)

La Neuvième Vague, peinture la plus célèbre de l’artiste, offre le spectacle saisissant d’un soleil brûlant brillant sur des eaux troublées. Après le naufrage est peut-être venu le temps de l’espoir, que les nuages clairs et les hautes vagues introduisent avec subtilité et intensité. Chaleur et humidité se font face et nous absorbent : prenons donc le temps de fixer le soleil et le scintillement de ses rayons sur l’eau verte. 

Iceberg, (1870)

Retour au calme : le silence et le froid s’imposent. Aivazovsky peint le temps suspendu. Presque toujours l’homme, mais jamais l’envahisseur : les lignes du bateau se confondent presque avec celle du glacier qui se hisse, lui, jusqu’au ciel. Le temps d’un tableau, la nature n’est ni sacrée, ni exploitée, mais respectée.

L’eau sombre dans la nuit, (1879)

La magie des œuvres d’Ivan Aivazovsky émanait évidemment de l’hypnotique transparence de l’eau qu’il arrivait mystérieusement à retranscrire, mais aussi de sa maîtrise surnaturelle de la lumière. La nuit profonde, saisie comme jamais, nous transporte et clôture paisiblement ce court voyage…

Pour prolonger l’instant présent et peut-être la découverte, rendez-vous ici.

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