Les « Eco-Ecoles » : quand l’écologie investit les établissements scolaires

Les « Eco-Ecoles » : quand l’écologie investit les établissements scolaires

[Cet article fut réalisé dans le cadre de la formation proposée à L’Académie, l’école d’initiation au journalisme du journal Sorb’on.]

Trier les déchets à l’école, entretenir un potager, faire cours en extérieur… Ce sont des projets mis en place par les éco-écoles, des établissements scolaires qui ont fait le pari d’intégrer le développement durable à leur programme éducatif. 

Lancé en France en 2005 par l’association Teragir, le programme Eco-Ecole rencontre un franc succès. Aujourd’hui, on compte plus de 2500 établissements partenaires, et le développement des éco-écoles sur le territoire bondit : Elvire Paul, chargée de mission Eco-Ecole pour le Sud-Est, La Réunion et Mayotte, nous a confié que « sur l’année 2018, il y a eu environ 700 nouveaux établissements qui se sont inscrits au programme ». Retour sur ce phénomène qui prend de l’ampleur. 

« Aider les élèves à mieux comprendre le monde qui les entoure »

Le but du programme est simple : il s’agit d’« aider les élèves à mieux comprendre le monde qui les entoure pour s’y épanouir et y participer » (plus d’informations sur le site internet Eco-Ecole, juste ici). L’objectif est de mener à bien un projet en faisant intervenir tous les acteurs de l’établissement scolaire et des territoires.

Le programme propose huit thèmes sur lesquels les écoles peuvent travailler : alimentation, déchets, biodiversité, eau, climat, énergie, santé et solidarités. Pour chacun de ces thèmes, des ressources en ligne sont mises à la disposition des établissements. Il s’agit entre autres de données statistiques, de vidéos explicatives des enjeux, de dates importantes comme la semaine du goût ou les journées mondiales… qui sont pour la plupart accessibles à tous sur le site internet d’Eco-Ecole !

Améliorer la cohésion au sein des établissements

Au-delà de la réduction significative de l’impact environnemental des écoles participantes, le programme a permis d’améliorer la cohésion au sein des établissements. D’après Elvire Paul, « dans la grande majorité des cas, les projets permettent d’insuffler une bonne dynamique dans les établissements puisque […] ça amène des enseignants à travailler ensemble alors qu’ils ne l’auraient pas forcément fait, et ça leur permet aussi d’avoir une autre relation avec leurs élèves et avec le reste du territoire »

Cette dynamique a été confirmée par une étude nationale réalisée en 2014, qui établit que « 89% des enseignants disent travailler mieux ensemble grâce à Eco-Ecole »,et qu’« un projet sur deux a permis de réduire les tensions et actes d’incivilité entre élèves ».

Un programme simple d’accès

Basé sur le volontariat des écoles, le programme est très simple d’accès : tous les établissements scolaires sur le territoire français, de la maternelle au lycée, peuvent s’inscrire sur le site. Ils sont ensuite mis en relation avec l’équipe Eco-Ecole et les relais locaux, qui accompagnent les établissements tout au long de leurs projets en leur faisant bénéficier de leur bonne connaissance du territoire local et de ses dispositifs afin de les aider à mener à bien leur projet.

Les écoles choisissent un des huit thèmes de travail et sont invitées à travailler dessus toute l’année scolaire. La réinscription est automatique d’une année sur l’autre et d’après Elvire Paul, « la majorité des établissements mènent des projets sur différentes thématiques en fonction des années »

A la fin de l’année scolaire, les écoles qui le souhaitent peuvent solliciter le label du programme. Il n’est pas obligatoire mais il est perçu comme un outil pour valoriser les projets à la fin de l’année. Il peut également s’agir d’un objectif que les établissements se donnent pour se motiver. 

Mettre l’élève au cœur du programme

Le bilan des éco-écoles est très positif et de nombreux projets ont vu le jour. On peut citer par exemple  l’école Elise Freinet (Mayenne), qui a réussi à diminuer de manière significative le gaspillage alimentaire à la cantine en adaptant les quantités livrées et servies. L’école de Cruet en Savoie a quant à elle construit une mare pédagogique, qui a permis aux élèves d’observer le développement d’un petit écosystème et de prendre conscience de la fragilité de ces milieux.

Si le programme a déjà du succès, il reste en constante évolution. Elvire Paul nous a parlé des projets de l’équipe : « Cette année, l’association s’est engagée dans un chantier pour proposer aux établissements des outils qui s’adressent directement aux élèves. Pour le moment, les ressources proposées s’adressent plutôt aux enseignants ». Pour le thème de l‘alimentation, ces ressources sont déjà disponibles mais elles ont vocation à s’étendre aux 7 autres thématiques.

La grande nouveauté à venir est un jeu de plateau coopératif dont les établissements pourront se servir pour mettre les élèves en situation sur une démarche de projet. L’objectif est de « leur faire découvrir de façon ludique ce que représente un projet éco-école et quelle place ils peuvent jouer dedans ». Un projet qui témoigne de la volonté de mettre les élèves au cœur du programme car comme on peut le lire sur la page d’accueil du site Eco-Ecole : « Les élèves d’aujourd’hui sont les citoyens de demain » …

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