Loretta Donati – Passion 800

Loretta Donati – Passion 800

Sur la piste, Loretta Donati s’élance contre le temps. Huit cents mètres à parcourir, le plus vite possible. Et à la clé, un record personnel de deux minutes onze secondes et quatorze centièmes. Heureuse ? Oui. Satisfaite ? Peut-être. Qu’importe, Loretta va poursuivre son chemin, entraînement après entraînement, pour sublimer ce record. Avec force, détermination et avant tout passion.

C’est à douze ans, sur les conseils de ses parents, que Loretta découvre l’athlétisme. “J’ai toujours fait pas mal de sports comme, la danse, le cirque, ou encore de l’aikido. L’athlétisme, c’est grâce à mes parents.” Et depuis, Loretta n’a plus quitté les pistes. D’abord en poussine où elle a testé toutes les disciplines de l’athlétisme pour se concentrer sur le 100 et 1000 mètres en minime -une rareté- avant de se spécialiser sur le 800 mètres en cadette. Pourquoi ? 

“Je me suis beaucoup blessée en sprint et le demi fond laisse des traumatismes. Le 800 mètres, c’est un mélange des deux, c’est un sprint rapide.”

Loretta Donati

Le 800, comme leitmotiv

Sur cette distance, Loretta a glané des titres : vice-championne de France en salle et troisième sur piste, catégorie moins de vingt ans en 2016. Avec deux records personnels et un titre de sportive de haut niveau à la clé. Un statut qui lui a offert, pendant la saison 2017-2018, une plus grande flexibilité dans l’aménagement de son emploi du temps. Avec plus de repos. Et surtout de temps pour s’entraîner. Le sport de haut niveau est toutefois rude : la jeune étudiante de 22 ans s’est vue retirée des listes la saison suivante. La raison ? Des blessures qui la contraignent à mettre en stand-by son aventure sur les pistes.

Pourtant peu médiatisé, le 800 mètres permet à Loretta de s’évader et de découvrir un univers très familial dans un sport pourtant individuel. Et si la jeune étudiante s’est orientée vers une discipline individuelle, c’est “pour dépendre de personne. Si j’échoue, je ne peux m’en prendre qu’à moi même”. Et dans l’échec comme dans les meilleurs moments, Loretta peut compter sur le soutien indéniable de ses parents, ses proches et “son deuxième papa”, son coach comme elle l’appelle : “ils me poussent vers le haut, me félicitent, me motivent à m’entraîner.”

La course avant tout

S’entraîner, c’est un peu son leitmotiv pour se lever le matin (avec un verre de jus d’orange bien frais). Passionnée d’athlétisme, accro à la piste, Loretta ne peut manquer son rendez-vous quotidienSi je n’y vais pas, je ne suis pas bien dans ma tête. J’ai des remords. J’ai toujours favorisé le sport.” Allier études et passion n’est pas toujours facile. Loretta a fait le choix de s’orienter vers un domaine qu’elle aime tant. C’est donc en Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives) qu’elle s’élance sur les pistes de la fac. Un choix qui lui a permis de “s’améliorer avec la multitude des disciplines.” Aujourd’hui en Master, elle continue son chemin et aimerait poursuivre sa saison sans blessures avec des podiums nationaux. D’ailleurs, l’Equipe de France fut “l’un de mes plus beaux souvenirs. J’en ai eu plein les yeux. Il n’y a rien de plus beau.”  

En plus de ses études, ses entraînements et compétitions, Loretta donne de son temps pour transmettre sa passion aux plus jeunes même si ce n’est pas toujours facile :

C’est difficile de s’investir avec ma pratique personnelle, mais je trouve le temps d’entraîner les “baby” et je suis bénévole dans mon club à Lisses.”

Loretta Donati

Et pourquoi pas vous ?

Car si le 800 mètres est une discipline qui ne semble pas attirer les foules, Loretta aimerait que son sport soit davantage pratiqué.

 “Quand on est jeune, on n’aime pas courir. Mais au final, c’est la façon dont le demi fond est enseigné qui est problématique. On se focalise trop sur le sprint qui bénéficie, en plus, de stars. Tout le monde veut courir vite. Courir six minutes, ça n’intéresse personne. Il faudrait que cela soit plus ludique pour attirer plus de monde. Le 800 mètres, c’est une discipline à part entière. Les entraînements sont variés : on ne fait pas que courir. On a de l’aérobique, de la vitesse, du renforcement musculaire. Enfin, il faudrait que certaines disciplines soient plus médiatisées pour pouvoir attirer de nouveaux passionnés car à part les grands événements, peu de monde est informé des autres compétitions.”

Loretta Donati

Courir après le temps, pour améliorer son record qui lui a ouvert les portes de l’Équipe de France, Loretta en rêve. Une quête qu’elle tente d’attendre chaque jour, entraînements après entrainements. Toujours avec passion en alliant compétitions, études et vie professionnelle. Et sans jamais oublier de mettre sa paire de chaussettes “spéciale compétition, trouée, mais avec qui j’ai fais mes meilleures performances”. Alors souhaitons à Loretta que les trous ne soient pas trop grands pour toucher le Graal et continuer de performer au plus haut niveau.

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