Le « big waves surfing » : le surf de l’extrême

Le « big waves surfing » : le surf de l’extrême

Les sports extrêmes ont la côte. Spectaculaire, esthétique, dans des cadres naturels grandioses, la culture de l’extrême gagne la planète sport. Le surf de grande vague – ou surf de gros – attire autant qu’il effraye.

Le surf est devenu discipline olympique, mais on s’y contentera de vagues plus modestes. Les mastodontes des mers sont effectivement réservés à des surfeurs bien particuliers, les « big waves riders ». Ils n’ont pas froid aux yeux, et domptent des murs d’eau à travers le monde : rapide retour sur un phénomène en plein déferlement. 

Le risque, à l’amour et à la folie

Il s’agit de dévaler à la verticale un immeuble de 4 étages, simplement armé d’une planche et d’une bonne dose de folie. Et qu’une fois miraculeusement arrivé en bas plusieurs tonnes d’eau ne demandent qu’à nous tomber sur la tête. Voilà ce qu’est le « big waves surfing », le surf de l’extrême. C’est dans les années 1990 qu’il va devenir un art à part entière. Les pionniers de la discipline, en quête de vagues toujours plus grosses à rider, vont populariser l’utilisation de jet ski pour amener le surfeur au « line up », point de rupture de la vague. La discipline devient plus ouverte, sur des monstres allant parfois au-delà des 20 mètres de hauteur. Certains s’y spécialisent, faisant de cette passion du risque un métier. Et il faut être sacrément casse-cou pour se lancer : les risques sont considérables, car la force de la nature ne fait pas dans la dentelle. D’ailleurs, la famille des « big waves riders » fut à plusieurs reprises endeuillée, rappelant chaque année qu’ils n’exercent pas une discipline comme les autres.

Le surf de gros se déroule à travers le monde, les meilleurs spots étant répartis aux quatre coins du globe. Les doux noms de Jaws (Hawaii), Teahupoo (Tahiti), Mavericks (Californie) ou Nazaré (Portugal), parmi les plus célèbres vagues, rythment les saisons de ces sportifs à la recherche de sensations. Chacune a en effet sa spécificité : force, hauteur, déferlement plus ou moins long, ou tubulaire – dans laquelle le surfeur entre – forgeant à chaque vague sa propre légende. A cela peut s’ajouter en plus des fonds rocheux ou de corail, et le paradis devient vite un enfer au moindre faux pas.

Toujours plus haut, toujours plus fort

La petite communauté s’est professionnalisée. Les sponsors occupent une place majeure : ils permettent aux meilleurs surfeurs de financer leur passion, et d’en vivre. Par conséquent, on y retrouve les habituels des sports extrêmes, comme l’immanquable Red Bull. Les « big waves riders » voyagent à travers le monde, voguant d’un spot à un autre selon les saisons, mais aussi les compétitions. Si dans les années 90 un goût de l’aventure prédominait, un esprit davantage compétitif s’instaure dans la discipline. Mais elle ne met pas à mal l’ambiance amicale de la petite famille. Au contraire, elle pousse ses membres à encore dépasser les limites de la discipline. En 2018, le Brésilien Rodrigo Koxa a officiellement battu le record du monde de la plus haute vague jamais surfée : 24.38 mètres, à Nazaré. Et, cocorico, le record officieux est lui détenu par un Français : Benjamin Sanchis a chevauché quelques secondes une vague de 33 mètres sur ce même spot portugais, en 2014, avant de lourdement chuter. Si les progrès techniques ont permis de populariser la discipline, seuls les meilleurs s’attaquent à ces monstres des mers. Plus que des passionnés, ces surfeurs de l’extrême sont donc de véritables athlètes professionnels.

Des dangers et une passion qui se partagent

Ces prises de risques se font également en équipe. Un autre surfeur va assurer la sécurité de son camarade grâce à des jet-skis équipés pour rapidement récupérer celui ayant chuté. Là encore il faut être rôdé : le ramassage se joue à la seconde près, en se glissant entre deux déferlantes. Loin de l’image du surfeur solitaire sur une plage déserte. Les risques sont suffisamment importants pour laisser la moindre place au hasard. Enfin, dans un sport aussi esthétique, ne serait-ce que par le cadre naturel, les chercheurs d’images ne sont jamais loin. Photographes, mais aussi vidéastes voire réalisateurs de films se passionnent pour cette discipline si spectaculaire. Et permettent au grand public de suivre leurs exploits. On ne compte plus les courts-métrages et films sur le surf de gros, au plus proche de la vague. Les athlètes partagent désormais massivement le meilleur de leurs sessions à haut risque, créant une solide communauté.

Le « big waves surfing » a encore de beaux jours devant lui. Et les vagues de plus en plus hautes font de moins en moins peur, chacun voulant une dose d’adrénaline qu’on ne trouve nulle part ailleurs.

  • Quand culture de l’image et esprit d’équipe se mêlent : un impressionnant sauvetage à Nazaré :
  • Pour en savoir plus sur la discipline

Photo de couverture : La vague de Teahupo’o, à Tahiti en Polynésie Française / Tim McKenna

Hits: 21